Les ministres des Affaires étrangères du G20 ont clôturé leurs discussions à Atlanta sans parvenir à un accord


Principaux renseignements

  • Les conflits entre la Russie et l’Ukraine ont dominé les débats et divisé la délégation.
  • Le ministre américain des Affaires étrangères, Marco Rubio, remplacera le communiqué conjoint manquant par un résumé du président.

La réunion des ministres des Affaires étrangères du G20 à Atlanta s’achève samedi sans qu’un accord commun ait été trouvé sur plusieurs questions importantes liées à la sécurité mondiale. Des tensions profondément enracinées, notamment concernant le conflit entre la Russie et l’Ukraine, ont dominé les discussions. Les diplomates n’ont donc pas réussi à rédiger un communiqué commun. À la place, le ministre américain des Affaires étrangères, Marco Rubio, publiera un résumé du président afin de présenter les grandes lignes des discussions.

Une délégation divisée

L’atmosphère de discorde s’est manifestée dès le début lorsque Rubio a annulé la photo de groupe habituelle. Cette décision faisait suite aux avertissements des représentants européens qui menaçaient de quitter la salle ou de boycotter la photo pour protester contre la présence du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Radosław Sikorski, le ministre polonais des Affaires étrangères présent en tant qu’invité, a fait remarquer qu’un tel manque d’harmonie était prévisible étant donné que des belligérants actifs dans des conflits actuels étaient assis à la même table.

Divisions géopolitiques

Les participants ont décrit les premiers contacts comme courtois, mais ont souligné que la Russie maintenait ses objectifs militaires en Ukraine et continuait de s’opposer au rôle de la Pologne au sein du G20. De nouvelles tensions sont apparues suite à la décision du gouvernement du président américain Donald Trump d’exclure l’Afrique du Sud de l’événement, malgré l’opposition d’autres États membres. Ces divisions géopolitiques, combinées aux différends concernant les droits de douane américains, aux activités chinoises en mer de Chine méridionale et au conflit entre les États-Unis et l’Iran, ont attisé l’instabilité du commerce mondial et fait grimper les coûts de l’énergie.

Du soutien à l’Ukraine

Lors du sommet, les pays européens ont fait part de leur frustration particulière face à l’invitation adressée par les États-Unis à la Russie, d’autant plus que l’administration Trump avait auparavant réduit son soutien en matière de renseignement à Kiev et reporté l’application de sanctions. De son côté, Sergueï Lavrov a affirmé que la Russie continuerait à prendre des mesures pour s’assurer que l’Ukraine ne constitue pas une menace pour sa sécurité nationale. On ignore encore si le président russe Vladimir Poutine participera au prochain sommet des chefs d’État et de gouvernement qui se tiendra en décembre à Miami.

Menaces iraniennes

Outre le conflit européen, la menace d’une nouvelle intervention militaire américaine contre l’Iran plane comme un nuage noir au-dessus de la délégation. Les États-Unis souhaitaient donner la priorité aux discussions sur la liberté de navigation en mer Noire, en mer Rouge et en mer de Chine méridionale, ainsi que dans le détroit d’Ormuz. Afin de gérer au mieux cette situation instable, Rubio a tenu des entretiens séparés avec les ministres des Affaires étrangères de la Turquie et de l’Arabie saoudite. Ces rencontres se sont déroulées alors que des informations indiquaient que Washington avait averti ses alliés au Moyen-Orient de se préparer à d’éventuelles attaques contre l’Iran après les élections de mi-mandat américaines. (ev)

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