Principaux renseignements
- L’instabilité géopolitique fait grimper les prix de l’énergie dans l’UE à des niveaux critiques.
- Les réserves stratégiques et l’augmentation de la production atténuent les pénuries immédiates.
- Les efforts de diversification permettent de réduire la dépendance vis-à-vis de la Russie au profit des États-Unis.
À l’approche de la saison de chauffage hivernale, les responsables de l’énergie de l’Union européenne se sont réunis à Luxembourg pour discuter des moyens de réduire les coûts énergétiques et de garantir un approvisionnement énergétique stable.
Cette urgence découle de la hausse des prix du pétrole et du gaz naturel, conséquence de l’instabilité géopolitique au Yémen, en Ukraine et en Iran. Le commissaire à l’énergie, Dan Jørgensen, a souligné une situation critique dans laquelle environ 50 millions de citoyens de l’UE ont du mal à chauffer leur logement, et a averti que ce chiffre pourrait augmenter au cours d’une crise qu’il qualifie de plus grave que celle d’il y a quatre ans.
Résilience accrue malgré des menaces complexes
Jørgensen a reconnu la gravité de la situation, mais a affirmé que l’UE était plus résiliente qu’en 2022. Cela s’explique notamment par une baisse de 18 pour cent de la consommation de gaz et par un réorientement stratégique visant à réduire les importations russes. La Russie représentait auparavant 45 pour cent de l’approvisionnement énergétique de l’Union.
Toutefois, selon Jørgensen, l’instabilité actuelle est plus complexe, car elle touche également le pétrole et les produits pétroliers. Il a notamment évoqué la quasi-pénurie de carburant aviation l’été dernier comme un sujet de préoccupation majeur.
Des réserves en baisse
La volatilité du marché est clairement visible, les prix de gros du gaz ayant récemment atteint les 100 euros par mégawattheure – leur plus haut niveau depuis fin 2022 – et étant actuellement trois fois plus élevés qu’avant le déclenchement du conflit en Iran.
Cette flambée est liée à la destruction de raffineries en Russie et au Moyen-Orient, ainsi qu’au blocage des voies de transport en mer Rouge, en mer Noire et dans le détroit d’Ormuz. De plus, les réservoirs de gaz sont actuellement remplis à 75 pour cent de leur capacité, soit une baisse par rapport aux 83 pour cent enregistrés l’année dernière.
Augmentation de la production
Pour pallier ces pénuries, la Commission européenne négocie avec les raffineries une augmentation de la production, éventuellement en assouplissant certaines normes techniques. Par ailleurs, en réaction à l’influence des États-Unis, les pays occidentaux se sont engagés à libérer plus de 400 millions de barils provenant de leurs réserves stratégiques.
Plus précisément, le ministre français de l’Énergie, Roland Lescure, a annoncé que 42 millions de barils, dont la moitié de gazole, seraient mis sur le marché au cours du prochain trimestre.
Risques géopolitiques
Des discussions sont également en cours sur les moyens de faire baisser les coûts de l’électricité, par exemple en ajustant les tarifs de réseau et les taxes. L’une des propositions consiste à taxer moins lourdement l’électricité que le gaz.
Ces propositions se heurtent toutefois à la résistance de la Pologne et de la Suède. La ministre suédoise de l’Énergie, Ebba Busch, a exprimé sa crainte que la région ne fasse que remplacer sa dépendance à l’égard de l’énergie russe par une dépendance vis-à-vis des sources américaines, et a fait valoir que l’implication des États-Unis dans le détroit d’Ormuz rendait cette transition risquée. Dans le même temps, le commissaire Jørgensen a exhorté les États membres à éviter les subventions excessives en faveur des combustibles fossiles. (lv)
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