Principaux renseignements
- L’UE et le Canada étudient la possibilité d’un partenariat stratégique visant à garantir des livraisons de GNL à long terme.
- La diversification des sources d’énergie réduit la dépendance européenne vis-à-vis des approvisionnements volatils en provenance des États-Unis et du Qatar.
- Les défenseurs de l’environnement avertissent que les nouvelles infrastructures liées aux combustibles fossiles retardent la transition vers l’énergie verte.
Alors que l’Union européenne est confrontée à la volatilité des prix du gaz et à des réserves extrêmement faibles, Bruxelles et Ottawa envisagent un partenariat stratégique visant à garantir des livraisons à long terme de gaz naturel liquéfié (GNL).
Étude de faisabilité
Selon une déclaration commune préliminaire en vue d’un prochain sommet à Montréal, les deux entités ont l’intention de lancer une étude de faisabilité afin d’évaluer le potentiel des exportations canadiennes de GNL. Cette collaboration s’étendrait au-delà du gaz pour inclure une coopération renforcée en matière de stockage par batterie, d’intégration au réseau électrique et de protection des réseaux énergétiques contre les menaces physiques et numériques.
Diversifier la dépendance énergétique
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie européenne plus large visant à minimiser les risques stratégiques et à diversifier les sources d’énergie face à une instabilité géopolitique accrue. À la suite de l’invasion de l’Ukraine, l’UE s’est détournée du gaz russe bon marché, ce qui l’a conduite à dépendre fortement des États-Unis.
Cette vulnérabilité a été encore aggravée par l’irrégularité des niveaux de production et de transport en provenance du Qatar. En s’associant à un pays politiquement stable comme le Canada, l’UE espère stabiliser sa sécurité énergétique tout en se protégeant de l’imprévisibilité de la politique américaine.
Ambitions du Canada en matière d’exportation
Du côté canadien, le Premier ministre Mark Carney s’est engagé à développer les capacités d’exportation, en particulier sur la côte ouest, où celles-ci pourraient potentiellement doubler.
Carney a également fait part de sa volonté de faciliter la production de gaz au Nouveau-Brunswick, laissant entendre que les obstacles fédéraux seraient levés pour permettre l’avancement de tels projets, à condition que les interdictions locales de fracturation hydraulique soient levées. Cependant, la viabilité de ce plan reste incertaine, car le volume précis de gaz disponible, les coûts associés et les infrastructures de transport nécessaires n’ont pas encore été détaillés. De plus, le Canada doit trouver un équilibre entre ces intérêts européens et la demande des marchés asiatiques.
Réactions environnementales
Malgré le potentiel de renforcement de la sécurité énergétique, cette proposition a suscité de vives critiques de la part des défenseurs de l’environnement, rapporte Euronews. Des groupes tels que le Climate Action Network (CAN) Europe affirment qu’investir dans de nouveaux gazoducs et terminaux crée un effet de « verrouillage », condamnant les deux régions à dépendre des combustibles fossiles pendant des décennies.
Esther Bollendorff, de CAN Europe, a qualifié l’étude de faisabilité de détournement périlleux par rapport au besoin urgent d’efficacité énergétique et d’électrification à partir d’énergies renouvelables. Les détracteurs avertissent que de tels investissements pourraient entraîner des actifs irrécupérables et une hausse des coûts pour les consommateurs, retardant en fin de compte la transition vers l’énergie verte et allant à l’encontre des objectifs climatiques fixés par l’UE.
(at)
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