Principaux renseignements
- En 1969, Lockheed a présenté le CL-1201, une gigantesque base aérienne à propulsion nucléaire destinée à accueillir de petits avions de combat.
- Des réacteurs nucléaires auraient permis à ce mastodonte de voler pendant 41 jours d’affilée.
- Les coûts exorbitants et les risques liés à la sécurité ont fait que ce projet est resté purement théorique.
Au plus fort de la Guerre froide, les ingénieurs aérospatiaux ont exploré des concepts radicaux visant à assurer la suprématie militaire, ce qui a donné lieu en 1969 à une étude de Lockheed menée par P.J. Sibley, S. Dalton et G.D. Brewer.
CL-1201
Leur proposition, baptisée CL-1201, envisageait un avion colossal à propulsion nucléaire conçu pour le transport stratégique ou comme base aérienne mobile. Ce projet ambitieux visait à acheminer un grand nombre de soldats et de matériel d’un continent à l’autre ou à déployer des avions de chasse dans le monde entier sans avoir recours à des pistes d’atterrissage traditionnelles ni à des porte-avions.
Un avion colossal
Les dimensions gigantesques du CL-1201 étaient sans précédent. Avec une envergure de 341 mètres – soit environ quatre fois celle d’un Airbus A380 – et une longueur de fuselage de 171 mètres, cet avion aurait été un véritable colosse dans les airs.
Sa masse totale était estimée à 5 375 tonnes, ce qui le rendait environ 15 fois plus lourd qu’un Boeing 747. Malgré ces dimensions extrêmes, une évaluation de la NASA datant de 1971 avait conclu que les proportions structurelles étaient techniquement réalisables et n’étaient pas totalement irréalistes.
Propulsion nucléaire
Pour maintenir en vol une structure aussi massive pendant de longues périodes, la conception remplaçait les systèmes traditionnels, très gourmands en carburant, par un réacteur nucléaire. Ce réacteur chauffait un fluide destiné à alimenter quatre turboréacteurs montés à l’arrière, permettant à l’appareil de rester en vol jusqu’à 41 jours tout en volant à une vitesse de croisière de 500 nœuds (environ 926 km/h).
Les moteurs nucléaires étant insuffisants pour l’ascension initiale, la conception intégrait 182 réacteurs chimiques d’appoint afin de fournir la poussée nécessaire au décollage et à l’atterrissage.
Purement théorique
En fin de compte, le CL-1201 n’a jamais dépassé le stade théorique. Le cauchemar logistique que représentait l’entretien de près de 200 moteurs, les coûts financiers astronomiques et le risque catastrophique de retombées nucléaires en cas d’accident ont rendu le projet irréalisable. Bien qu’il témoigne de l’audace de l’imagination technique de l’époque, cet avion est resté une étude plutôt qu’une réalité.
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