Principaux renseignements
- L’armée américaine développe des armes laser évolutives et compatibles avec tous les types de véhicules afin de décentraliser les défenses anti-drones.
- La conception modulaire de type « traîneau » garantit la disponibilité des armes pendant l’entretien courant des véhicules.
- L’énergie dirigée offre une capacité de tir quasi illimitée avec des coûts par interception nettement inférieurs.
L’armée américaine développe une gamme polyvalente d’armes laser évolutives et à haute énergie, conçues pour être compatibles avec n’importe quel véhicule de son parc. Cette initiative, connue sous le nom de programme Enduring-High Energy Laser (E-HEL), vise à décentraliser les défenses anti-drones, en les étendant au-delà des unités spécialisées afin d’offrir une large couche de protection à l’ensemble des formations de l’armée. C’est ce qu’écrit The War Zone.
En créant des systèmes « indépendants du véhicule », l’armée entend rendre ces outils faciles à déployer et à utiliser, quel que soit le véhicule utilisé ou la spécialité militaire principale du soldat.
LOCUST
Le système LOCUST constitue un élément central de cette stratégie. Sa variante X3 de 30 kilowatts est récemment entrée en production dans le cadre d’un contrat avec AeroVironment. Des versions antérieures du LOCUST ont déjà fait l’objet d’un déploiement limité, notamment le long de la frontière entre les États-Unis et le Mexique.
Le système comprend une tourelle à projecteur laser équipée de caméras infrarouges et électro-optiques, qui peut être guidée par divers capteurs radar embarqués ou externes. Bien qu’une puissance de 30 kilowatts soit relativement faible pour des armes à énergie dirigée, elle est spécifiquement optimisée pour neutraliser les petits systèmes aériens sans pilote (UAS).
À installer sur tous les véhicules militaires
Cette évolution vers la modularité découle des difficultés rencontrées par le passé avec des plateformes intégrées, telles que les véhicules Stryker DE M-SHORAD, qui ont connu des problèmes de fiabilité. Pour éviter ces écueils, l’armée utilise désormais une conception de type « traîneau », permettant de détacher le système laser et de le déplacer d’un véhicule à l’autre. Cela garantit que l’entretien courant d’un véhicule, comme une vidange d’huile, ne rend pas le système d’arme indisponible.
De plus, cette architecture ouverte permet aux forces armées de mettre à niveau la technologie et d’améliorer les performances sans avoir à remplacer l’ensemble de la plateforme.
Avantages stratégiques de l’énergie dirigée
D’un point de vue stratégique, les lasers offrent un avantage certain par rapport aux missiles traditionnels : un chargeur pratiquement illimité. Tant que l’alimentation électrique et le refroidissement sont suffisants, le coût par interception est nettement inférieur à celui lié à l’utilisation de missiles antiaériens coûteux.
Pour tirer pleinement parti de cet avantage, l’armée s’attache à améliorer la précision de ciblage et à intégrer l’intelligence artificielle afin d’alléger la charge de travail des opérateurs, garantissant ainsi que les cibles soient détruites aussi rapidement que possible pour permettre au système de se recharger.
Défis techniques
Malgré ce potentiel prometteur, d’importants obstacles techniques subsistent. L’efficacité des lasers est compromise par les conditions atmosphériques, telles que la poussière, la fumée et les intempéries, ainsi que par la perte naturelle de puissance liée à la distance. Les ingénieurs de l’armée accordent actuellement la priorité à la robustesse et à la facilité de maintenance afin de garantir que ces systèmes puissent résister aux environnements hostiles du combat réel.
Des efforts sont également déployés pour réduire la taille et le poids des composants afin qu’ils puissent être installés sur des véhicules plus légers, comme le véhicule d’escouade d’infanterie (ISV), sans perte d’efficacité.
La Chine travaille également sur des armes laser
L’urgence de ce développement est motivée par la concurrence mondiale, en particulier celle de la Chine, qui déploie et exporte activement des systèmes laser terrestres. Alors que le programme E-HEL se concentre sur la défense contre les drones à courte portée, l’armée collabore également à des projets plus puissants, tels que le Joint Laser Weapon System (JLWS), qui vise une puissance de 150 à 500 kilowatts. Certains partenaires industriels prévoient même une évolution vers des lasers de l’ordre du mégawatt à l’avenir.
L’armée prévoit que les premiers systèmes LOCUST X3 du programme E-HEL seront opérationnels d’ici début 2028. Ces systèmes ne remplaceront pas les défenses aériennes existantes, mais constitueront au contraire un maillon essentiel d’un écosystème de défense complet et à plusieurs niveaux. (fc)
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