La France souhaite développer elle-même un nouvel avion de combat d’ici 2029


Principaux renseignements

  • La France développe de manière indépendante l’avion de chasse souverain ACF après avoir mis fin à son partenariat avec l’Allemagne.
  • Paris lancera le « Super Rafale » en 2026 afin de combler le fossé menant à la sixième génération de combat.
  • Les plans d’extension de la flotte visent 230 appareils d’ici 2035 pour faire face à l’évolution des menaces mondiales.

Suite à la dissolution de son partenariat aéronautique avec l’Allemagne, la France s’est orientée vers une stratégie indépendante pour ses capacités de combat aérien de nouvelle génération.

Avion de Combat du Futur

Le général Jérôme Bellanger, chef d’état-major de la Force aérienne et spatiale française, a présenté une feuille de route accélérée visant à développer un avion de chasse souverain tout en modernisant simultanément les moyens actuels, comme le rapporte Les Echos.

Le pays se concentre désormais sur l’ACF (Avion de Combat du Futur), qui remplace l’ancien concept de « chasseur de nouvelle génération » précédemment lié au partenariat FCAS (Future Combat Air System), qui a échoué. La France vise à faire voler un prototype de l’ACF d’ici 2027, dans le but d’entamer les travaux sur une version opérationnelle d’ici 2029.

Développement du « Super Rafale »

Parallèlement au projet ACF, Paris lancera le développement du « Super Rafale » (Rafale F5) en décembre 2026. Cet appareil amélioré intégrera l’intelligence artificielle, des systèmes de propulsion perfectionnés, des capteurs sophistiqués et des missiles à grande vitesse afin de soutenir les capacités nucléaires de la France. Le F5 est destiné à servir de tremplin technologique vers l’avion de combat de sixième génération.

Intégration des systèmes sans pilote

La France accorde également la priorité à l’intégration d’avions pilotés avec des systèmes sans pilote. Dans le cadre de l’initiative HypAIRion, deux Mirage 2000 modifiés servent de bancs d’essai pour les technologies d’IA.

Dassault Aviation a déjà mené des simulations à l’aide d’algorithmes d’IA et de drones Harmattan. L’objectif est de parvenir à une mission coordonnée entre un Rafale et un drone d’ici 2028 afin d’améliorer le ciblage et la pénétration des défenses.

Extension et spécialisation de la flotte

Pour répondre à des exigences opérationnelles croissantes, la France entend augmenter sa flotte de chasseurs de plus de 35 pour cent, faisant passer leur nombre de 170 à au moins 230 appareils d’ici 2035. Le général Bellanger a souligné que les appareils actuels fonctionnent déjà bien au-delà des taux d’utilisation standard.

Par ailleurs, de nouvelles escadrilles sont en cours de formation à la base aérienne de Cazaux afin de se spécialiser dans les menaces liées aux missiles balistiques, aux ballons de surveillance et aux opérations de drones.

Investissement considérable

Sur le plan financier, le projet de budget de la défense pour 2027 prévoit environ 3 milliards d’euros pour le Rafale F5 et 2,7 milliards d’euros pour l’ACF, sous réserve de l’accord du Parlement. Ce changement stratégique intervient alors que les pays européens réorientent leurs défenses en réponse à la guerre des drones et des missiles observée en Ukraine.

L’échec du FCAS, ainsi que des frictions similaires au sein du projet de char commun (MGCS), soulignent la difficulté persistante à aligner les objectifs industriels et politiques entre la France et l’Allemagne. (fc)

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