L’inflation dans la zone euro grimpe à 3,8 pour cent


Principaux renseignements

  • L’inflation dans la zone euro a atteint 3,8 pour cent en raison de la flambée des coûts de l’énergie et des denrées alimentaires.
  • Les gouvernements sont confrontés à des contraintes budgétaires croissantes tout en devant soutenir les citoyens en difficulté.
  • La BCE doit trouver un équilibre entre les hausses de taux et le risque d’instabilité financière.

Les taux d’inflation étonnamment élevés enregistrés dans la zone euro en septembre ont renforcé l’urgence pour la Banque centrale européenne (BCE) d’ajuster ses taux d’intérêt et pour les gouvernements nationaux de venir en aide aux citoyens confrontés à des difficultés financières.

Principalement alimentée par la flambée des prix du gaz naturel, des carburants et des denrées alimentaires, l’inflation a atteint 3,8 pour cent. Selon Eurostat, le taux d’inflation sous-jacente – qui exclut les coûts volatils des denrées alimentaires et de l’énergie afin de refléter les tendances économiques profondes – a également légèrement augmenté pour atteindre 2,5 pour cent en raison de la hausse des coûts des services.

Pression budgétaire sur les gouvernements nationaux

Cette flambée des dépenses énergétiques pèse sur les budgets publics, alors que les gouvernements peinent à soutenir les entreprises et les ménages. Dans des pays comme la France, cette pression économique a déjà déclenché des manifestations.

Si les aides publiques actuelles ne représentent qu’une petite fraction du PIB de la région, leur manque de précision et leur caractère temporaire pourraient entraîner des défis budgétaires plus importants à long terme.

Dilemme de la BCE

Pour la BCE, les données économiques actuelles présentent un scénario contradictoire. Alors que le taux d’inflation global dépasse largement l’objectif de 2 pour cent, la hausse modérée de l’inflation sous-jacente suggère que les flambées des prix de l’énergie n’ont pas encore déclenché un cycle inflationniste généralisé et auto-entretenu.

Cela permet à la banque de conserver potentiellement une approche prudente, caractérisée par des hausses graduelles des taux alignées sur les prévisions économiques. Certains analystes estiment qu’une hausse des taux est peu probable avant décembre, bien qu’une intervention en octobre reste possible si les prix de l’énergie continuent de grimper.

Points de vue divergents sur les hausses de taux

Les acteurs du marché anticipent jusqu’à trois hausses supplémentaires du taux de dépôt de 2,5 pour cent au cours de l’année à venir, même si une intervention ce mois-ci est jugée peu probable.

Au sein de la banque, les avis sont partagés. Certains responsables avertissent que le maintien à un niveau élevé des coûts énergétiques se répercutera inévitablement sur les prix sous-jacents, augmentant ainsi les coûts d’exploitation des entreprises. À l’inverse, d’autres font valoir qu’un marché du travail faible limite les revendications salariales et que la hausse des coûts d’emprunt tempérera naturellement la croissance des prix.

Stabilité financière 

En fin de compte, la prochaine décision de la BCE pourrait être dictée par la stabilité financière plutôt que par l’inflation seule. Alors que les rendements américains atteignent des sommets inégalés depuis 24 ans et que l’écart entre les rendements obligataires français et allemands atteint des niveaux historiques, les inquiétudes concernant la viabilité de la dette ne cessent de croître. Par conséquent, les économistes suggèrent que la BCE pourrait éviter pour l’instant de prendre des mesures agressives afin de ne pas ajouter davantage de volatilité à un paysage financier déjà instable.

(at)

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