Principaux renseignements
- Le conflit avec l’Iran a déjà coûté 33,4 milliards de dollars (29 milliards d’euros) aux États-Unis jusqu’à fin juin.
- De graves goulots d’étranglement dans la chaîne d’approvisionnement retardent le réapprovisionnement en armement de pointe.
- L’agression iranienne a contraint la Marine américaine à délocaliser son principal centre de soutien logistique.
Un audit indépendant mené par l’inspecteur général du Pentagone a révélé que le conflit avec l’Iran avait coûté 33,4 milliards de dollars (29 milliards d’euro) aux États-Unis jusqu’à fin juin.
Les munitions, principal poste de dépenses
Ce premier bilan officiel, publié le 14 septembre, met largement l’accent sur le réapprovisionnement en armement, avec 22,3 milliards de dollars (19 milliards d’euro) consacrés au remplacement des munitions.
Les dépenses supplémentaires comprennent 3,7 milliards de dollars (3,2 milliards d’euros) pour le matériel perdu et 7,4 milliards de dollars (6,4 milliards d’euros) de frais généraux opérationnels. Toutefois, ce chiffre exclut le coût de la reconstruction des infrastructures militaires, les frappes iraniennes ayant endommagé ou détruit des centaines de bâtiments dans diverses bases du Moyen-Orient.
Goulots d’étranglement dans la chaîne d’approvisionnement
Le rapport met en évidence des faiblesses critiques au sein de la base industrielle de défense américaine, citant des « goulots d’étranglement » dans la chaîne d’approvisionnement en armement sophistiqué. Plus précisément, l’armée est confrontée à une pénurie de main-d’œuvre qualifiée et à un manque de propergols de haute qualité, d’explosifs et de moteurs-fusées à propergol solide.
Alors que le président Trump a affirmé sur les réseaux sociaux que la production d’armes atteignait un niveau record, les analystes du secteur estiment qu’il pourrait falloir jusqu’à trois ans pour que les stocks de missiles et d’intercepteurs de pointe retrouvent leurs niveaux antérieurs.
Des pertes importantes
Les pertes militaires ont été considérables, avec notamment la destruction de près de 30 drones MQ-9 Reaper. L’intensité de l’agression iranienne — qui a mobilisé plus de 1 500 missiles balistiques et 6 000 drones d’attaque — a imposé un changement stratégique en matière de logistique.
La Marine américaine a été contrainte de déplacer son principal centre de soutien logistique de Bahreïn vers des sites plus éloignés, tels que Diego Garcia dans l’océan Indien. De plus, le conflit a nécessité la réaffectation de moyens navals provenant du Pacifique, notamment le groupe aéronaval de l’« Abraham Lincoln ».
Bilan humain et diplomatique
Le bilan humain et diplomatique est également lourd. À la fin du mois de juin, 11 militaires américains avaient trouvé la mort au combat et 417 autres avaient été blessés. Les installations diplomatiques ont subi 184 millions de dollars de dégâts, principalement en Irak, où les sites américains ont été pris pour cible plus de 600 fois. Cette instabilité a entraîné le déplacement de 3 500 diplomates et l’évacuation d’environ 9 000 citoyens américains de la région.
Hausse des coûts
Sur le plan financier, le fardeau ne cesse de s’alourdir. Les responsables de la Défense ont récemment informé le Congrès que le coût total avait grimpé à plus de 42 milliards de dollars (36,4 milliards d’euros). Cette escalade des dépenses devient un handicap politique pour le Parti républicain à l’approche des élections de mi-mandat de novembre, d’autant plus que le Center for American Progress estime que la guerre a coûté 1 200 dollars au ménage américain moyen.
Alors que l’administration justifie la guerre comme une mesure nécessaire pour empêcher l’Iran d’acquérir des capacités nucléaires, les coûts financiers et humains croissants alimentent le mécontentement de l’opinion publique. (fc)
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