Le J-20 chinois contre le F-22 américain : quel est le meilleur avion de combat ?


Principaux renseignements

  • La Chine a conçu le J-20 pour cibler des cibles de grande valeur plutôt que pour mener des combats aériens rapprochés.
  • Le F-22 conserve une furtivité et une agilité supérieures grâce à une fusion avancée des capteurs.
  • Son rayon d’action plus étendu confère au J-20 un avantage stratégique en termes d’endurance par rapport au Raptor.

Contrairement à une idée reçue, le Chengdu J-20 n’a pas été conçu pour affronter le F-22 Raptor dans des combats aériens directs. Son objectif stratégique est plutôt de cibler des cibles de grande valeur — en particulier les avions ravitailleurs et les avions radar AWACS — tout en conservant la capacité de frapper des installations militaires américaines à travers le Pacifique.

L’héritage du F-22 Raptor

Le F-22 Raptor est issu du programme « Advanced Tactical Fighter » (chasseur tactique avancé) lancé dans les dernières phases de la Guerre froide. Les États-Unis cherchaient à conserver leur suprématie aérienne face aux capacités aérospatiales en pleine évolution de l’Union soviétique, notamment le Su-27 Flanker et les systèmes avancés d’alerte précoce aéroportés.

À l’issue d’un appel d’offres où la conception de Lockheed Martin l’a emporté sur le YF-23 de Northrop, le Raptor est entré en service actif en 2005. Il a établi une nouvelle référence dans le domaine de l’aviation grâce à sa technologie de fusion des capteurs et à une section efficace radar exceptionnellement faible, estimée par le constructeur à 0,0001 mètre carré.

La genèse du J-20

En revanche, le développement du J-20 est moins bien documenté en raison du manque de données transparentes. Issu d’un projet connu en Occident sous le nom de programme J-XX dans les années 1990, le projet de la Chengdu Aircraft Corporation a finalement été retenu parmi plusieurs alternatives.

Bien qu’il soit souvent présenté comme un avion de supériorité aérienne, le J-20 est optimisé pour les engagements à longue portée, au-delà de la portée visuelle (BVR).

Divergences architecturales

Sur le plan architectural, les deux appareils présentent des différences significatives. Le F-22 utilise une aile delta en losange tronqué et un fuselage profilé conçu pour optimiser l’efficacité à des vitesses supersoniques, pouvant atteindre Mach 2,25. Sa furtivité est obtenue grâce à une forme précise, à des entrées d’air spécialisées masquant les aubes du moteur et à des matériaux coûteux absorbant les ondes radar.

Le J-20 est plus grand et intègre une configuration en aile delta avec une soute à armes interne spacieuse. Il est le seul, parmi les chasseurs de cinquième génération, à employer des canards. Ce sont de petites ailes situées à l’avant de l’avion. Bien qu’on ait autrefois pensé que ceux-ci compromettaient la furtivité, des simulations suggèrent qu’ils sont bien intégrés. Même si sa signature radar est probablement plus élevée que celle du F-22 ou du F-35, il n’en reste pas moins une réalisation sophistiquée pour la première tentative de la Chine en matière de furtivité.

Vitesse contre autonomie

Sur le plan technologique, le F-22 a révolutionné le cockpit grâce à la fusion des capteurs, combinant les données du radar AESA AN/APG-77 et de divers systèmes de guerre électronique au sein d’une interface unique et intuitive pour le pilote.

Le J-20 est également équipé d’un radar AESA, ainsi que de systèmes de ciblage électro-optiques et de recherche et de suivi infrarouges (IRST). Bien qu’on pense qu’il dispose de capacités de fusion des capteurs, la nature exacte de son avionique reste obscure.

Les indicateurs de performance montrent un compromis entre vitesse et autonomie. Les moteurs Pratt & Whitney du F-22 permettent une supercroisière à Mach 1,76, bien que son rayon d’action soit relativement court. Le J-20, qui utilise désormais des moteurs WS-15 de fabrication nationale, est légèrement plus lent avec une vitesse maximale de Mach 2, mais il dispose d’un rayon d’action nettement supérieur, estimé à 1 100 milles marins (environ 2 000 kilomètres).

Le rattrapage technologique

Si les analystes occidentaux ont parfois tendance à sous-estimer le J-20, celui-ci représente pourtant un bond en avant majeur pour l’aviation militaire chinoise. Depuis ses débuts en 2011, l’appareil a fait l’objet d’améliorations continues. Bien que le Raptor conserve peut-être encore l’avantage en termes de capacités brutes, le J-20 démontre la capacité de la Chine à produire en série une technologie de cinquième génération et suggère que l’écart entre ces deux puissances se réduit progressivement. (fc)

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