L’Allemagne intervient alors que les prix de l’essence atteignent des niveaux records


Principaux renseignements

  • Le chancelier Friedrich Merz promet un plan officiel pour lutter contre la flambée des coûts du carburant.
  • L’instabilité énergétique mondiale propulse les prix de l’essence et du diesel vers des sommets historiques.
  • Les factions gouvernementales s’affrontent sur la question de savoir s’il faut mettre en place un plafonnement des prix ou une aide financière ciblée.

Le chancelier Friedrich Merz a annoncé que le gouvernement allemand avait l’intention de mettre en œuvre des stratégies pour lutter contre les coûts sans précédent des carburants. S’exprimant lors d’un événement organisé par l’association professionnelle des employeurs BGA, Merz a souligné la nécessité de prendre des mesures contre la spéculation sur les prix, promettant qu’un plan officiel serait présenté sous peu, bien que les détails spécifiques n’aient pas encore été dévoilés.

Hausse des coûts

Cette annonce fait suite aux données publiées par l’ADAC, qui a indiqué que les prix de l’essence avaient atteint lundi dernier une moyenne nationale de 2,286 euros le litre.

Les prix du diesel avoisinent également des sommets historiques, une tendance attribuée à l’instabilité énergétique mondiale causée par le blocus du détroit d’Ormuz et au conflit en cours impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran.

Débat sur les réductions d’impôts

Alors que le gouvernement avait précédemment tenté une brève réduction des taxes sur les carburants, les experts économiques mettent désormais en garde contre la répétition d’une telle mesure.

Klaus-Jürgen Gern, de l’Institut de Kiel pour l’économie mondiale, a suggéré que les baisses d’impôts généralisées sont inefficaces car elles profitent aux citoyens aisés qui n’ont pas besoin d’aide, épuisant ainsi les fonds publics nécessaires aux services sociaux et aux infrastructures essentielles. À la place, Gern a recommandé un soutien ciblé pour ceux qui rencontrent spécifiquement des difficultés à payer leurs factures de chauffage et d’électricité.

Tensions politiques 

Ces pressions économiques ont exacerbé les tensions au sein de la coalition au pouvoir, qui fait déjà face à une baisse de la popularité auprès de l’opinion publique. Tim Klüssendorf, du Parti social-démocrate (SPD), a critiqué la ministre de l’Économie Katherina Reiche, membre de la CDU, pour son incapacité apparente à empêcher les compagnies pétrolières d’engranger des bénéfices colossaux alors que les consommateurs souffrent.

Le SPD milite en faveur de trois mesures spécifiques : un impôt sur les bénéfices des compagnies pétrolières, une plus grande transparence des prix et la mise en place d’un plafond tarifaire similaire à ceux appliqués au Luxembourg et en Belgique.

Une aide ciblée plutôt qu’un plafond tarifaire

La ministre Reiche a rejeté l’idée d’un plafond tarifaire, suggérant à la place que le gouvernement apporte une aide financière directe aux ménages à faibles revenus qui paient peu d’impôts. Bien qu’elle n’ait pas exclu une baisse des taxes sur l’énergie, elle se concentre actuellement sur des mesures d’allègement ciblées.

De son côté, le chancelier Merz a reconnu que, bien que l’Office fédéral des cartels soit habilité à enquêter sur les abus de marché, cette surveillance est insuffisante pour les citoyens qui ont atteint un point de rupture en raison de leur dépendance quotidienne à l’égard des véhicules.

(at)

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