Principaux renseignements
- La Belgique est à la pointe du secteur européen des sciences de la vie, mais elle constate parallèlement une baisse de l’emploi et du nombre de demandes de brevets.
- L’Europe risque de perdre la course mondiale à l’innovation face aux États-Unis et à la Chine.
- Pharma.be plaide en faveur d’une politique proactive et d’un meilleur financement afin que la Belgique conserve son statut de pôle de santé de premier plan.
Des données récentes issues des « EU Pharma Figures » indiquent que, si la Belgique conserve une position de leader en Europe dans le domaine des sciences de la vie, le continent européen dans son ensemble prend du retard dans la course mondiale à l’innovation. C’est ce que rapporte Pharma.be.
La Belgique ne conserve pas son avance d’un seul coup
Bien que la Belgique occupe actuellement la première place en matière de dépenses de recherche et développement (R&D) par habitant et qu’elle reste un poids lourd en termes de productivité, d’exportations et d’emploi, cette position dominante est menacée.
Si la Belgique et ses voisins européens ne revoient pas leurs ambitions à la hausse, les investissements cruciaux et les avancées scientifiques risquent de se déplacer vers d’autres régions.
Signaux d’alerte
Malgré quelques points forts, les statistiques récentes pour la Belgique révèlent des tendances préoccupantes. Pour la deuxième année consécutive, l’industrie biopharmaceutique enregistre une baisse de 0,5 pour cent de l’emploi, tandis que le nombre de demandes de brevets a chuté de 15,3 pour cent. De plus, les exportations du secteur ont reculé de 6,8 pour cent. Ces chiffres indiquent que l’écart entre l’Europe et les leaders mondiaux tels que les États-Unis et la Chine se creuse.
Déclaration sur les sciences de la vie
Face à ces défis, Pharma.be – l’organisme représentant les entreprises biopharmaceutiques innovantes de Belgique – a lancé la Déclaration sur les sciences de la vie. Cette initiative exhorte le gouvernement à faire de la Belgique la première pôle européen dans le domaine de la santé et des sciences de la vie.
Pour y parvenir, l’organisation insiste sur la nécessité d’un environnement d’investissement plus attractif, d’un soutien accru aux chercheurs et de stratégies plus efficaces pour transformer les découvertes médicales en applications concrètes.
Lacunes en matière de financement
L’organisation souligne également un décalage entre l’importance stratégique du secteur et son financement actuel. Les dépenses consacrées au remboursement des médicaments innovants ont diminué par rapport au PIB, s’établissant actuellement à environ 0,5 pour cent.
Pharma.be fait valoir que les coupes budgétaires strictes et le refus de rembourser les nouveaux traitements ne tiennent pas compte des avantages sociétaux plus larges de ces médicaments, tels que la réduction de l’absentéisme et l’allègement de la pression sur le système de santé.
Appel à une politique proactive
Caroline Ven, PDG de Pharma.be, met en garde contre le risque que l’Europe se mette elle-même hors course au niveau mondial si elle continue à faire des choix politiques qui entravent le progrès. Elle affirme qu’un secteur capable de générer des milliers d’emplois hautement qualifiés et d’améliorer la santé publique devrait être soutenu par des politiques proactives plutôt que freiné par des obstacles bureaucratiques ou budgétaires.
(at)
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