AirBaltic se place sous la protection de la loi sur les faillites alors que ses coûts de carburant et ses dettes ne cessent d’augmenter


Principaux renseignements

  • AirBaltic a demandé à bénéficier de la protection contre la faillite prévue par le chapitre 11 afin de restructurer ses dettes.
  • Les prêteurs ont débloqué 350 millions d’euros pour garantir la poursuite des vols.
  • Une expansion trop agressive et la flambée des coûts du carburant ont contraint la compagnie à cette restructuration financière.

En raison de graves difficultés financières liées aux troubles géopolitiques, la compagnie aérienne lettone airBaltic a déposé une demande de mise en redressement judiciaire à New York, en vertu du chapitre 11.

La compagnie aérienne tente de réorganiser sa dette considérable et de faire face à un ralentissement plus général du secteur provoqué par le conflit impliquant l’Iran.

Un crédit de 350 millions d’euros destiné à soutenir les activités

Afin de maintenir ses opérations quotidiennes pendant cette période de transition, la compagnie a obtenu un financement de 350 millions d’euros auprès d’un consortium de prêteurs, comprenant notamment Morgan Stanley, Barclays, Oaktree Capital Management, Hayfin Capital Management et Strategic Value Partners.

Crise du carburant 

La crise a été exacerbée par une flambée des prix du kérosène, qui ont doublé en raison de la guerre, créant ainsi le défi le plus important pour le secteur aérien depuis la pandémie mondiale.

Ce contexte a exercé une pression considérable sur les compagnies aériennes dont les bilans sont fragiles. airBaltic a notamment eu du mal à parvenir à un accord avec ses créanciers concernant un financement à court terme, ce qui a entraîné une flambée des rendements obligataires, les investisseurs craignant un éventuel défaut de paiement.

Procédure de faillite

Alors que le gouvernement letton détient la participation majoritaire et que Lufthansa en possède 10 pour cent, la décision de se diriger vers la faillite est intervenue après qu’une majorité des détenteurs d’obligations – représentant plus de 70 pour cent de la dette – eut rejeté un prêt de survie essentiel au profit d’une liquidation.

Le Premier ministre Andris Kulbergs a décrit la procédure judiciaire américaine comme le moyen le plus efficace de préserver la compagnie, en lui offrant le temps et le cadre juridique nécessaires à la mise en œuvre d’un plan de redressement.

À la recherche d’une stabilité stratégique

Dans le cadre de son redressement, le gouvernement letton recherche un nouveau partenaire stratégique tandis que la compagnie aérienne réduit ses activités.

Cette situation s’inscrit dans une tendance aux faillites dans le secteur aérien liées aux instabilités actuelles, comme l’effondrement de Spirit Airlines en mai. Parallèlement, d’autres transporteurs, dont AirAsia, cherchent à obtenir de nouvelles injections de capitaux pour éviter un sort similaire.

Continuité opérationnelle au titre du chapitre 11

En vertu du chapitre 11, airBaltic sera protégée de ses créanciers pendant qu’elle renégocie ses obligations, la sortie de cette procédure étant prévue d’ici juin de l’année prochaine. La compagnie aérienne a confirmé que les vols continueraient à être assurés comme prévu.

Expansion excessive 

Celle-ci avait auparavant envisagé d’étendre sa flotte à 100 appareils et de tirer parti du trafic de transit en provenance d’Ukraine, de Biélorussie et de Russie. Toutefois, ces marchés ne sont plus accessibles. Selon les analystes, la compagnie s’est développée de manière trop agressive par rapport à son marché, ce qui l’a rendue vulnérable lorsque les coûts du carburant ont grimpé en flèche.

Le Premier ministre Kulbergs a en outre révélé qu’airBaltic avait épuisé 380 millions d’euros de financement obligataire dès le mois d’avril, et qu’un prêt d’urgence du gouvernement de 30 millions d’euros avait été entièrement utilisé dès le mois de juin. Le Premier ministre a souligné que la flotte actuelle de 50 Airbus A220-300 était déjà excessive, affirmant que seuls 30 appareils étaient nécessaires pour desservir efficacement la Lettonie et les régions baltes.

(at)

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