Principaux renseignements
- La hausse des coûts du carburant a fait grimper l’inflation américaine en août.
- La Réserve fédérale devrait relever ses taux d’intérêt pour lutter contre l’intensification des pressions sur les prix.
- Le mécontentement économique menace le succès des républicains lors des élections de mi-mandat de novembre.
L’inflation aux États-Unis s’est accélérée au cours du mois d’août, principalement sous l’effet d’une remontée des prix des carburants après deux mois de baisse. Selon le rapport publié vendredi par le Bureau des statistiques du travail, l’indice des prix à la consommation (IPC) a progressé de 0,4 pour cent, soit une accélération par rapport à la hausse de 0,1 pour cent enregistrée en juillet. Le taux d’inflation annuel est resté stable à 3,4 pour cent.
Si l’on exclut les coûts volatils de l’énergie et des denrées alimentaires, l’IPC sous-jacent a progressé de 0,3 pour cent sur le mois, tandis que le taux annuel sous-jacent a légèrement reculé à 2,4 pour cent, contre 2,5 pour cent en juillet.
Perspectives de la Réserve fédérale
Ces chiffres, combinés à un rapport sur l’emploi solide pour le mois d’août et à une hausse de l’indice des prix à la production, ont renforcé la probabilité que la Réserve fédérale procède à une hausse des taux d’intérêt lors de sa prochaine réunion de politique monétaire les 15 et 16 septembre.
Alors que le gouverneur de la Fed, Christopher Waller, avait précédemment laissé entendre que les taux pourraient rester inchangés si l’inflation se calmait, la flambée des prix du diesel et du pétrole – ce dernier dépassant les 100 dollars le baril – indique que les pressions inflationnistes s’étendent.
Implications politiques
Sur le plan politique, la hausse du coût de la vie, notamment pour l’alimentation et le carburant, pèse sur la popularité du président Donald Trump. Ce mécontentement économique pourrait compromettre l’emprise du Parti républicain sur le Congrès lors des élections de mi-mandat de novembre.
Par ailleurs, certains experts attribuent la hausse persistante des prix aux droits de douane imposés à des partenaires majeurs tels que le Canada.
Tensions autour de l’autonomie de la banque centrale
Les tensions se sont accrues depuis que le président Trump a publiquement exhorté la Réserve fédérale à baisser ses taux d’intérêt, allant jusqu’à menacer de représailles commerciales si elle ne se pliait pas à ses exigences.
Cette ingérence politique perçue a contribué à une flambée des rendements des obligations d’État à long terme. En conséquence, certains observateurs estiment que la Fed pourrait relever mercredi prochain son taux directeur actuel, compris entre 3,50 pour cent et 3,75 pour cent, afin de démontrer son autonomie. Cela va dans le sens des avertissements précédents du président Kevin Warsh, selon lesquels des mesures énergiques seront nécessaires si l’inflation ne s’oriente pas de manière convaincante vers l’objectif de 2 pour cent.
(at)
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