Les pays du Golfe souhaitent se réunir avec l’Iran pour discuter du statut du détroit d’Ormuz


Principaux renseignements

  • Les pays du Golfe et l’Iran pourraient se réunir la semaine prochaine pour discuter du détroit d’Ormuz.
  • Les blocus navals américains ont paralysé l’économie iranienne afin de forcer la réouverture de cette voie navigable.
  • L’instabilité régionale continue d’entraîner de graves contractions économiques et des déficits budgétaires.

Un groupe de six pays du Golfe étudie la possibilité de se réunir avec des représentants iraniens la semaine prochaine pour aborder la question du détroit d’Ormuz. Si cette rencontre a lieu, elle marquerait la première rencontre diplomatique avec Téhéran depuis le début du conflit, il y a plus de six mois.

Efforts diplomatiques fragiles

Oman mène actuellement des efforts pour organiser une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Iran et du Conseil de coopération du Golfe dans la ville de Salalah lundi prochain. Cependant, cette réunion reste provisoire.

Selon certaines sources, l’escalade des affrontements entre les rebelles houthis, soutenus par l’Iran, et les forces appuyées par l’Arabie saoudite pourrait perturber ces préparatifs. De plus, il n’est pas certain que tous les membres du bloc — notamment le Qatar, les Émirats arabes unis, Oman et l’Arabie saoudite — y participent.

Le blocus

Cette voie navigable stratégique, essentielle au transit mondial de matières premières telles que le gaz naturel et le pétrole, est en grande partie inaccessible depuis que les frappes aériennes américaines et israéliennes ont visé l’Iran fin février. Pour contraindre Téhéran à rouvrir le passage, Washington a mis en place un blocus naval.

Bien que cette stratégie ait gravement porté atteinte à l’économie iranienne — provoquant une dévaluation rapide de la monnaie et des taux d’inflation avoisinant les 90 pour cent —, Téhéran maintient qu’il ne reprendra pas les négociations ni n’ouvrira le détroit tant que le président Trump n’aura pas mis fin au blocus, menaçant de nouvelles représailles contre les actions militaires américaines.

Conditions de passage

Alors qu’Oman et l’Iran discutent d’un accord de gestion maritime, les conditions proposées sont controversées. L’Iran propose un accord qui lui conférerait le pouvoir de réglementer l’entrée des navires et éventuellement de percevoir des redevances, une proposition à laquelle les États-Unis et la plupart des membres du Gulf Cooperation Council (GCC) devraient s’opposer, préférant une navigation sans restriction.

Malgré les risques, certains navires ont recommencé à traverser le détroit, bien qu’ils le fassent généralement de nuit, sous escorte militaire américaine et avec leurs systèmes de suivi désactivés afin d’éviter les drones et les missiles iraniens.

Tensions économiques régionales

La fermeture actuelle continue de peser sur les économies régionales. Alors que les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite ont eu recours à des oléoducs pour réacheminer une part importante de leurs exportations de pétrole, l’instabilité a freiné le tourisme et découragé les investissements étrangers. Les données économiques récentes mettent en évidence cet impact : l’Arabie saoudite connaît une contraction économique et le Qatar enregistre son déficit budgétaire le plus important depuis près de dix ans. (fc)

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