Les États-Unis testent des drones militaires équipés d’un câble fixe pour contourner les interférences


Principaux renseignements

  • Les drones captifs bénéficient d’une alimentation continue, ce qui élimine les limites de vol liées à l’autonomie des batteries.
  • Les connexions câblées protègent les données critiques contre le brouillage électronique et l’usurpation d’identité.
  • Les mâts mobiles permettent un déploiement rapide de capteurs à haute altitude pour les unités en manœuvre.

L’armée américaine a récemment mené à bien une série d’évaluations visant à déterminer si les systèmes aériens sans pilote captifs (Te-UAS) peuvent fournir des renseignements et une connectivité fiables aux unités mobiles opérant dans des zones sujettes à des interférences électroniques.

Essais

Ces essais, menés sur le site d’atterrissage de McKenna Field entre fin juillet et début août, ont consisté à intégrer deux drones captifs commerciaux à un véhicule de section d’infanterie utilitaire (ISV-U) modifié à cinq places, équipé d’une plate-forme de chargement.

Au cours des exercices, le personnel a testé divers modes opérationnels, notamment le déploiement statique, les protocoles d’urgence et la capacité de l’aéronef à suivre un véhicule en mouvement, tout en documentant minutieusement la vitesse de lancement et de récupération.

Surmonter les limites des batteries

Le principal avantage de cette approche dite du « mât mobile » réside dans l’élimination des contraintes de temps strictes associées aux aéronefs alimentés par batterie. Alors que les quadricoptères standard restent généralement en vol moins d’une heure, un système captif bénéficie d’une alimentation électrique continue via son câble, ce qui permet potentiellement des opérations pouvant durer des dizaines d’heures.

Mark Pagliaro, responsable du programme « Strategic Spectrum Warfare », a souligné que cette configuration fonctionne essentiellement comme une tour de détection à haute altitude dotée de la capacité unique de se déplacer et d’ajuster sa hauteur en synchronisation avec une unité militaire en manœuvre.

Défense câblée contre la guerre électronique

Au-delà de l’autonomie, la connexion physique constitue une défense essentielle contre la guerre électronique. La plupart des petits drones s’appuient sur les fréquences radio et le GPS pour la navigation et la transmission de données, ce qui les rend vulnérables à l’interception, à l’usurpation d’identité ou au brouillage. En utilisant un câble filaire pour la télémétrie et le contrôle, l’armée américaine peut contourner ces vulnérabilités, garantissant ainsi que les données des capteurs à haut débit et les commandes restent sécurisées et ininterrompues.

Bien que cela reflète les tendances en matière de fibre optique observées dans les conflits actuels en Ukraine et en Russie, le Te-UAS se concentre sur une surveillance persistante dans le rayon de son câble d’attache plutôt que sur des frappes à longue portée.

Flexibilité tactique et déploiement rapide

D’un point de vue tactique, ces systèmes offrent une flexibilité supérieure à celle des antennes terrestres fixes, dont la mise en place prend beaucoup de temps. En élevant le matériel de communication à plusieurs dizaines de mètres dans les airs, le drone peut prendre en charge divers protocoles — notamment le LTE, le Wi-Fi et les radios définies par logiciel — afin de faciliter l’échange d’images et de coordonnées entre des escouades dispersées.

De plus, le système est conçu pour être simple d’utilisation ; les responsables ont souligné que les drones pouvaient être déployés en quelques minutes et ne nécessitaient qu’une supervision humaine minimale une fois leur altitude opérationnelle atteinte. (fc)

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