Principaux renseignements
- Les ministres de l’UE envisagent de durcir les règles en matière de visas russes après une attaque par drone déjouée à Leipzig.
- Les inquiétudes liées au terrorisme d’État se heurtent à la dépendance de certains États membres vis-à-vis des recettes touristiques.
- De nouvelles sanctions viseront 1 600 entités russes afin d’épuiser les ressources financières du Kremlin.
Les ministres européens des Affaires étrangères envisagent de renforcer les règles en matière de visas pour les voyageurs russes à la suite d’une attaque par drone déjouée à l’aéroport de Leipzig/Halle. La haute représentante Kaja Kallas a souligné que, bien qu’il y ait un large consensus sur la nécessité de contrôles plus stricts, les États membres ne sont pas encore parvenus à une décision unanime.
Utilisation abusive des visas touristiques
L’urgence de la situation découle d’informations selon lesquelles un suspect de l’attaque de Leipzig, possédant la double nationalité russe et biélorusse, aurait accédé à l’espace Schengen grâce à un visa touristique délivré par l’Italie. Une autre personne impliquée serait un ressortissant russe titulaire d’un passeport letton.
Kallas a indiqué que si ces allégations étaient confirmées par l’Allemagne, cela prouverait que les visas touristiques sont détournés par des individus ayant l’intention de déstabiliser l’Union européenne.
Divisions internes au sein de l’UE
Certains pays de l’UE ont déjà mis en garde contre l’utilisation des autorisations de voyage pour faciliter des actes de sabotage. Kallas s’est montré optimiste quant au fait que l’incident de Leipzig convaincrait les États membres réticents de soutenir des restrictions plus strictes.
Par ailleurs, l’interdiction d’entrée dans l’UE pour les anciens combattants russes bénéficie d’un soutien général, bien que la France et l’Italie s’y soient opposées, craignant que cela ne débouche sur une interdiction générale visant tous les citoyens russes.
Terrorisme d’État
Kallas a replacé ces préoccupations sécuritaires dans le contexte plus large des violations de l’espace aérien et des menaces pesant sur les territoires de l’UE, qualifiant la tentative de Leipzig d’acte de terrorisme d’État plutôt que de crime isolé.
En réponse à cette attaque, l’Allemagne a officiellement imputé la responsabilité à la Russie et ordonné la fermeture du consulat russe à Bonn. Cette décision a entraîné des répercussions diplomatiques, plusieurs pays de l’UE ayant convoqué leurs ambassadeurs russes.
Intérêts économiques
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a qualifié cet événement d’escalade significative et a déclaré que l’UE cherchait de nouveaux moyens d’épuiser les ressources financières de la Russie.
Malgré cela, certains pays méditerranéens, qui dépendent fortement des recettes touristiques, restent réticents à restreindre davantage l’octroi de visas. Actuellement, les citoyens russes se voient refuser les visas à entrées multiples et doivent demander une autorisation individuelle pour chaque visite.
Élargissement du cadre des sanctions
Parallèlement aux discussions sur les visas, le Service européen pour l’action extérieure se prépare à étendre les sanctions à environ 1 600 entités et personnes russes supplémentaires, principalement issues de l’industrie de la défense. Kallas a conclu en affirmant que les tentatives visant à contraindre l’Europe par l’intimidation resteraient vaines. (fc)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

