Principaux renseignements
- L’insuffisance des capacités de cale sèche entraîne de graves retards d’entretien pour les sous-marins d’attaque américains.
- Les goulets d’étranglement infrastructurels ont coûté 3,4 milliards de dollars (près de 3 milliards d’euros) aux contribuables et entraîné la perte de 15 000 jours d’exploitation.
- L’expansion de l’industrie navale chinoise met en évidence des vulnérabilités critiques de la production nationale américaine.
Une récente enquête du Congrès révèle qu’un manque critique de capacité en cales sèches a gravement entravé les capacités des sous-marins d’attaque de la Marine américaine. Selon le Government Accountability Office (GAO), les goulets d’étranglement en matière de maintenance ont entraîné des retards pouvant aller jusqu’à quatre ans, ce qui s’est traduit par une perte financière d’environ 3,4 milliards de dollars au cours des dix dernières années.
État de préparation opérationnelle
Entre 2016 et aujourd’hui, la flotte — composée de sous-marins des classes Virginia et Los Angeles — a perdu environ 15 000 jours d’opération. Le rapport du GAO souligne que les sous-marins incapables de mener des missions de combat sont restés à l’arrêt, avec leurs équipages à bord, dans l’attente des réparations nécessaires.
Diana Maurer, la responsable chargée de l’audit, a déclaré que ces perturbations prolongées ont affaibli la disponibilité opérationnelle de la flotte et réduit le nombre de sous-marins disponibles pour les objectifs de sécurité nationale, ce qui fait peser un lourd fardeau sur les contribuables.
Manque d’infrastructures
Ces défaillances infrastructurelles coïncident avec des défis plus larges auxquels est confrontée la Marine, notamment les retards de livraison des sous-marins de classe Virginia et des premiers sous-marins de classe Columbia. La Marine subit également une pression intense en raison de missions prolongées en Amérique du Sud et au Moyen-Orient.
Des rapports récents faisant état de mauvaises conditions à bord de l’USS Abraham Lincoln ont suscité l’inquiétude du pouvoir législatif, coïncidant avec la destitution, en avril, du secrétaire à la Marine John Phelan. De plus, la Marine a essuyé de vives critiques en raison de stratégies d’approvisionnement ambiguës et des coûts exorbitants associés au projet de « flotte d’or » (Golden Fleet) de cuirassés de classe Trump.
La Chine
Le GAO souligne que le retard accumulé résulte directement d’une capacité insuffisante des chantiers navals, une vulnérabilité mise en évidence par l’expansion rapide de l’industrie navale chinoise. En réponse, le gouvernement américain tente de redynamiser la production nationale par le biais d’incitations fiscales et de subventions.
Entretien
L’impact opérationnel est flagrant : en 2023, les retards de maintenance ont équivalu à la perte de cinq sous-marins d’attaque en patrouille active. Bien que la situation se soit améliorée d’ici 2025 pour atteindre une perte de deux navires — représentant 753 jours cumulés d’immobilisation et de réparation —, le GAO indique que, malgré les progrès réalisés dans la réduction des délais d’attente, le retard global reste un problème majeur.
Ces tâches de maintenance critiques sont réparties entre quatre chantiers navals principaux situés à Hawaï, dans l’État de Washington, en Virginie et dans le New Hampshire, ce dernier prenant en charge la majeure partie des travaux sur les sous-marins. (fc)
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