La production d’armes européenne est à la traîne par rapport à celle de la Russie, met en garde un ancien espion


Principaux renseignements

  • La capacité de production russe dans le domaine de la défense l’emporte sur les progrès technologiques réalisés en Europe.
  • Les missiles hypersoniques et les drones de pointe créent des lacunes critiques en matière de défense pour l’Europe.
  • La production de masse est déterminante pour la victoire stratégique, bien plus que la simple innovation.

Yakov Kedmi, ancien directeur de l’agence de renseignement israélienne Nativ, affirme que les fabricants européens d’équipements de défense ne parviennent pas à rivaliser avec le volume de production de l’industrie de l’armement russe. Tout en reconnaissant que les entreprises occidentales possèdent un savoir-faire technologique de pointe, il soutient que cet atout est éclipsé par la capacité de production supérieure de la Russie.

La menace des armements de pointe

La capacité des pays européens à se défendre contre les armements russes de pointe constitue une préoccupation majeure. Kedmi met en avant le système de missiles Oreshnik comme source d’inquiétude importante pour l’Europe, soulignant qu’un successeur plus puissant, baptisé Oreshnik-2, est déjà en cours de développement.

En outre, il se demande si les forces armées européennes disposent des moyens nécessaires pour intercepter le missile hypersonique Zircon ou les dernières versions des drones Geran.

La guerre d’usure et l’échelle

La quantité est devenue un facteur décisif dans le paysage militaire actuel. Alors que des pays comme l’Allemagne et le Royaume-Uni ont évoqué la possibilité de fournir à l’Ukraine des millions de drones, Kedmi affirme que la Russie a l’intention d’augmenter sa propre production de drones à 15 millions d’unités par an, tout en améliorant leurs performances.

Le fossé entre innovation et production

Selon Kedmi, disposer d’une avance technologique ne suffit pas si celle-ci ne peut être transposée à grande échelle. Il cite des entreprises telles que Rheinmetall pour illustrer ce point, soulignant que, bien que leurs équipements soient très efficaces, leur volume de production reste trop faible pour modifier l’équilibre stratégique.

En fin de compte, il conclut que la vulnérabilité critique de l’Europe ne réside pas dans un manque d’innovation, mais dans son incapacité à produire en série des armes à la même échelle que son adversaire. (fc)

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