Principaux renseignements
- La Belgique n’a pas respecté la date limite fixée par l’UE pour sa stratégie de restauration de la nature.
- Des retards régionaux à Bruxelles bloquent le processus de soumission au niveau fédéral.
- La restauration de la nature en milieu urbain reste essentielle pour la résilience des villes face aux vagues de chaleur extrême.
La Belgique ne respectera pas la date limite européenne du 1er septembre pour la présentation de sa stratégie de restauration de la nature, principalement en raison de retards dans la finalisation des travaux préparatoires requis dans la Région de Bruxelles.
Bien que le ministre fédéral du Climat, Jean-Luc Crucke (Les Engagés), soit responsable de la soumission finale, il ne peut pas aller de l’avant sans les contributions de toutes les régions. Alors que les stratégies fédérale et flamande sont prêtes et en attente de validation officielle, celles de la Wallonie et de Bruxelles restent inachevées. C’est ce que rapporte BRUZZ.
Mandat européen
Le mandat européen global impose aux États membres de restaurer au moins 20 pour cent de leur territoire d’ici 2030, l’objectif étant de couvrir l’ensemble des territoires d’ici 2050.
Crise urbaine
À Bruxelles, la situation écologique est critique. Plus de la moitié des sols sont imperméables, et une perte importante de biodiversité a été constatée, affectant de nombreuses espèces d’abeilles, de papillons, d’amphibiens et d’oiseaux. Ces conditions ont été encore aggravées par la canicule qui a sévi durant l’été 2026.
Battles juridiques autour de l’expansion urbaine
Les efforts de restauration de la nature sont étroitement liés aux batailles juridiques autour de l’expansion urbaine. Un arrêt de justice rendu en octobre 2025 a exigé que Bruxelles suspende l’urbanisation des parcelles non bâties de plus de 0,5 hectare jusqu’à l’adoption d’un nouveau plan d’aménagement du territoire régional ou jusqu’à la fin de l’année 2026.
Bien que l’administration actuelle ait fait appel de cette décision en mars, elle a mis en place ses propres mesures de protection, bien que limitées. Certaines zones, telles que le Marais Wiels et le Plateau Avijl, ont été désignées comme zones vertes protégées, tandis que des interdictions temporaires de construction ont été imposées sur des sites comme le bois de Calevoet et Josaphat pour une durée de 18 mois.
Plan Renature
Pour remédier à ces problèmes, la ville élabore actuellement un « plan de renaturation », une version actualisée du premier plan régional pour la nature établi il y a une décennie.
La secrétaire d’État Ans Persoons (Vooruit) attribue les retards actuels à la formation tardive du gouvernement bruxellois en février. Alors que certains détracteurs internes suggèrent que son prédécesseur, Alain Maron (Ecolo), aurait dû faire davantage avancer ces dossiers, le cabinet de Persoons souligne que le projet est désormais une priorité absolue.
Le changement climatique constitue une menace immédiate
Un document exhaustif de plus de 500 pages a déjà été transmis aux cabinets gouvernementaux pour examen. Le calendrier actuel prévoit une première approbation d’ici octobre 2026, la ratification finale étant attendue à l’été 2027.
Persoons a souligné que les récentes vagues de chaleur prouvent que le changement climatique constitue une menace immédiate, affirmant que la restauration de la nature urbaine n’est plus une option, mais une nécessité pour préserver des villes vivables et résilientes.
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