La course à la présidentielle française suscite des inquiétudes économiques chez les entreprises


Principaux renseignements

  • Les candidats à la présidentielle française proposent des visions économiques divergentes alors que le mandat de Emmanuel Macron touche à sa fin.
  • L’instabilité des marchés s’accentue face à la perspective de hausses d’impôts et de déficits budgétaires.
  • Les chefs d’entreprise français expriment une profonde méfiance à l’égard de toutes les stratégies économiques proposées.

Alors que le mandat de dix ans d’Emmanuel Macron touche à sa fin, ses aspirants successeurs s’apprêtent à présenter des visions contrastées quant à l’orientation économique de la deuxième économie de l’Union européenne.

Premier face-à-face entre les candidats à la présidence

Jeudi, lors du rassemblement annuel du Medef, sept candidats participeront à une séance de deux heures au cours de laquelle ils répondront aux questions d’un groupe hétéroclite d’entrepreneurs, parmi lesquels un ingénieur civil et un fleuriste en ligne.

Cet événement marque la première rencontre directe entre les principaux prétendants à la présidentielle de l’année prochaine, un groupe qui comprend d’anciens Premiers ministres ainsi que des personnalités cherchant à démanteler l’héritage favorable aux entreprises laissé par Macron.

Premier tour le 18 avril

Le processus électoral exige qu’un candidat obtienne la majorité absolue dès le premier tour, le 18 avril, pour remporter la victoire dès le premier tour ; dans le cas contraire, un second tour opposant les deux candidats arrivés en tête aura lieu le 2 mai. Les données actuelles suggèrent qu’une fragmentation du centre pourrait profiter aux extrêmes du spectre politique.

Marine Le Pen, de l’extrême droite, arrive fréquemment en tête des premiers sondages, tandis que Jean-Luc Mélenchon, de l’extrême gauche, apparaît également comme un candidat sérieux pour le second tour. Alors que Mme Le Pen a déjà été battue par des coalitions centristes, des sondages récents indiquent qu’elle pourrait potentiellement l’emporter face à divers rivaux dans un duel direct.

Conjoncture économique défavorable

Les marchés financiers sont actuellement sur le qui-vive en raison de la possibilité d’un changement radical de politique. Les investisseurs craignent que l’extrême droite ou l’extrême gauche ne mette en œuvre des hausses d’impôts agressives ou des dépenses incontrôlées, ce qui serait particulièrement périlleux étant donné que le déficit français dépasse déjà 5 pour cent de son PIB. Cette incertitude politique entrave déjà la capacité du gouvernement à finaliser le budget de l’année prochaine, les membres de l’opposition à l’Assemblée nationale se montrant peu disposés à faire des compromis.

Ces tensions sont aggravées par une conjoncture économique qui se détériore, caractérisée par une croissance stagnante, une inflation alimentée par les conflits en Iran et les taux de chômage les plus élevés depuis plus de cinq ans.

Programmes politiques contrastés

Les programmes spécifiques des candidats continuent d’inquiéter le monde des affaires. Marine Le Pen, qui tente de remporter la victoire pour la quatrième fois, a modéré sa position en abandonnant son objectif précédent de sortie de l’euro, bien que son projet d’abaisser l’âge de la retraite reste controversé.

À l’inverse, Jean-Luc Mélenchon refuse d’assouplir son approche, prônant une hausse des impôts, une augmentation des dépenses publiques et un abaissement de l’âge de la retraite. Sa proposition de geler ou d’annuler les obligations détenues par la Banque de France pour gérer la dette publique a été spécifiquement signalée par le ministre des Finances, Roland Lescure, comme une menace pour la position financière internationale de la France.

Sentiment du monde des affaires

Le sentiment général parmi les chefs d’entreprise français est extrêmement morose. Selon un sondage Opinionway mené auprès de près de 66 000 cadres, 82 pour cent ont exprimé des doutes quant aux stratégies économiques de celui ou celle qui remportera la présidentielle. De plus, plus de 70 pour cent des personnes interrogées conseilleraient aux futurs entrepreneurs de lancer leur projet dans un autre pays ou de renoncer purement et simplement à créer leur entreprise. Ce climat de méfiance va dans le sens de l’appel lancé par le président du Medef, Patrick Martin, en faveur de l’honnêteté et du courage pour faire face à la crise économique actuelle que traverse le pays. (fc)

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