Principaux renseignements
- La Hongrie prévoit de débloquer 10 milliards d’euros de subventions européennes actuellement gelées d’ici l’automne.
- Le Premier ministre Péter Magyar a obtenu cette avancée financière grâce à des réformes anticorruption énergiques.
- Des mises à jour législatives et des audits institutionnels garantissent le respect des critères stricts de l’UE.
La Hongrie réalise actuellement des progrès significatifs pour satisfaire aux exigences de l’Union européenne en vue de débloquer 10 milliards d’euros de subventions de relance actuellement bloquées. Selon des représentants du gouvernement hongrois et de la Commission européenne, le pays devrait remplir tous les critères requis d’ici la date butoir fixée au mois d’août. C’est ce que rapporte Euronews. Environ deux tiers des objectifs obligatoires ont déjà été atteints, ce qui place le pays en bonne position pour obtenir ce financement d’ici l’automne.
Victoire politique pour Magyar
L’avancée financière représente un triomphe politique majeur pour le Premier ministre Péter Magyar. Ayant mis fin au mandat de près de deux décennies de Viktor Orbán à la suite d’une victoire décisive en avril, Magyar avait axé sa campagne sur le rétablissement de l’accès à ces fonds suspendus.
En mai, un accord a été conclu entre Magyar et la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, pour débloquer un montant total de 16,4 milliards d’euros. Si les 6,4 milliards d’euros provenant des Fonds de cohésion ne sont pas soumis à des délais stricts, les 10 milliards d’euros liés à la Facilité pour la reprise et la résilience post-pandémique doivent être réclamés avant la fin du programme, prévue plus tard cette année.
La voie vers la conformité
Pour obtenir ces fonds, la Hongrie doit franchir 27 « étapes clés ». Ces exigences comprennent deux audits des dépenses, quatre mesures concernant l’autonomie du pouvoir judiciaire – qui ont déjà été mises en œuvre – et 21 objectifs axés sur la transparence et la lutte contre la corruption.
Accélération législative
Tout au long de l’été, le Parlement hongrois a accéléré le rythme des réformes législatives. Parmi les mesures clés figurent la mise en œuvre d’une stratégie globale de lutte contre la corruption qui impose aux responsables publics des obligations plus strictes en matière de déclaration de patrimoine et renforce la transparence dans les marchés publics.
En outre, le gouvernement a nationalisé les fondations KEKVA afin d’empêcher que les ressources de l’État ne soient gérées par des entités privées. D’autres modifications ont été apportées au code fiscal et à la législation sur l’énergie en juillet afin de les aligner sur les normes de l’UE.
Réformes institutionnelles
Dans le prolongement des réformes, le Premier ministre Magyar a lancé le processus d’intégration de la Hongrie au sein du Parquet européen et créé l’Office national de recouvrement et de protection des avoirs afin de récupérer les biens publics perdus sous le gouvernement précédent.
Parallèlement, le Plan national de relance a été actualisé afin de donner la priorité à la modernisation du parc immobilier, des infrastructures ferroviaires et du réseau énergétique.
Calendrier de décaissement
Si les objectifs restants sont atteints d’ici la fin du mois d’août, la Commission européenne procédera à son examen en septembre. Ce processus déboucherait alors sur une demande de paiement officielle et le décaissement des fonds avant la fin de l’année.
(at)
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