Les États-Unis et le Canada reprennent les négociations commerciales pour éviter des droits de douane sévères


Principaux renseignements

  • Les négociateurs américains et canadiens s’empressent de régler leurs différends commerciaux avant l’échéance fixée à vendredi minuit.
  • Les accords potentiels pourraient réduire les droits de douane sur les produits industriels sans les supprimer entièrement.
  • Le Canada cherche à diversifier ses partenaires commerciaux afin de réduire sa forte dépendance économique vis-à-vis des États-Unis.

Avec une échéance fixée à minuit, les représentants des États-Unis et du Canada ont repris vendredi les négociations afin de résoudre des différends commerciaux de longue date et d’éviter l’instauration de droits de douane élevés. Le président américain Donald Trump avait auparavant averti que des droits de douane de 50 pour cent s’appliqueraient à divers produits canadiens à compter de mercredi. Il a toutefois accordé un bref délai supplémentaire après avoir constaté des progrès importants dans les discussions.

Une diplomatie à haut risque

Des responsables canadiens ont passé la semaine à Washington afin de tenter de résoudre plusieurs divergences cruciales. Selon Ottawa, une rencontre était prévue vendredi matin entre le négociateur en chef Dominic LeBlanc et le représentant américain au commerce Jamieson Greer. À l’issue d’une séance jeudi, LeBlanc s’est montré optimiste. Il a déclaré qu’une solution était presque à portée de main et que les efforts se poursuivraient jusqu’à ce que l’accord soit définitif.

Droits de douane sur les produits industriels

Le Canada vise notamment la suppression des droits de douane sur l’aluminium, l’acier et les produits automobiles. Ces mesures ont durement touché l’économie canadienne, entraînant des pertes d’emploi et portant atteinte à un partenariat commercial traditionnellement stable. Des détails concernant l’accord potentiel ont été révélés après que le Premier ministre canadien, Mark Carney, en eut informé les dirigeants provinciaux et territoriaux. Même si certains droits à l’importation pourraient être réduits, il est peu probable qu’ils soient totalement supprimés. Scott Moe, premier ministre de la Saskatchewan, a fait remarquer qu’un retour aux conditions commerciales antérieures n’était pas réaliste.

Interdictions d’alcool

Un point de discorde majeur concerne l’interdiction de représailles imposée par le Canada sur les vins et spiritueux américains vendus dans les magasins d’alcool. Afin d’apaiser Washington, Carney a exhorté les provinces à recommencer à s’approvisionner en alcool américain. Cette demande a suscité des réactions mitigées. La Nouvelle-Écosse a donné son accord, mais le Québec a tenu à examiner d’abord l’accord définitif. Entre-temps, le premier ministre du Manitoba a déclaré que le Canada devait adopter une position plus ferme, car il considère que la position des États-Unis est vulnérable. Le premier ministre de l’Ontario ne s’est pas encore prononcé.

L’indépendance économique

Carney a averti que la dynamique entre les deux pays avait changé de manière durable. Il préconise que le Canada élargisse son réseau commercial afin de réduire sa forte dépendance vis-à-vis du marché américain. Une telle transition se fera toutefois progressivement, car les États-Unis restent le principal partenaire économique du Canada et absorbent environ 70 pour cent des exportations canadiennes. (ev)

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