Principaux renseignements
- Les marchés boursiers mondiaux font face à leur plus forte baisse hebdomadaire depuis juillet.
- L’instabilité budgétaire pousse les investisseurs vers l’or et le Bitcoin.
- Les tensions géopolitiques alimentent la hausse des prix du pétrole et de l’inflation.
Les marchés boursiers mondiaux s’apprêtent à connaître leur plus forte baisse hebdomadaire depuis la mi-juillet. Ce recul est dû à la volatilité persistante du marché obligataire et à la hausse des cours du pétrole, alimentées par les tensions géopolitiques dans le Golfe qui ont exacerbé les craintes inflationnistes.
Pressions sur le Trésor américain
Aux États-Unis, les rendements des obligations d’État ont continué à augmenter, malgré les efforts récents du gouvernement pour freiner la vague de ventes. Le ministre américain des Finances, Scott Bessent, a évoqué une éventuelle consolidation budgétaire et un renforcement des rachats d’obligations par l’État. Les experts restent toutefois sceptiques. Ce scepticisme s’explique par un déficit budgétaire colossal, supérieur à 6 pour cent du PIB, associé à une dette publique ayant dépassé la barre des 40 000 milliards de dollars (34 200 milliards d’euros) et à des paiements d’intérêts annuels s’élevant à 1 200 milliards de dollars (1 020 milliards d’euros).
Tournant vers les actifs alternatifs
Cette instabilité budgétaire a pesé sur le dollar américain, qui a perdu près de 1 pour cent face aux principales devises cette semaine. Les investisseurs se montrent de plus en plus méfiants quant au pouvoir d’achat de la devise, ce qui les pousse vers des actifs alternatifs. L’or a atteint son plus haut niveau depuis près de trois mois, tandis que le Bitcoin a bondi vers son plus haut niveau depuis deux mois, reflétant une tendance plus générale à la diversification hors des actifs libellés en dollars américains.
Contraction des marchés mondiaux
Les conséquences de la hausse des taux d’intérêt se font sentir dans le monde entier, notamment dans le secteur technologique, où l’endettement élevé lié aux infrastructures d’IA alourdit encore davantage le poids des taux d’intérêt élevés. En Asie, le Nikkei a enregistré une baisse hebdomadaire significative de près de 4 pour cent. Les marchés européens, dont le STOXX 600, ont quant à eux enregistré leur plus mauvaise performance hebdomadaire depuis début juillet. À Wall Street, les contrats à terme ont affiché de légers gains grâce à de solides résultats d’entreprises, même si les investisseurs attendent avec impatience le rapport de Nvidia pour évaluer l’avenir de la demande en matière d’intelligence artificielle (IA).
Tensions géopolitiques et pétrole
Les tensions géopolitiques jouent également un rôle. Les déclarations de l’administration américaine concernant des sanctions sans précédent à l’encontre de l’Iran ont tempéré les espoirs de stabilité dans le détroit d’Ormuz. En conséquence, le Brent a bondi à son plus haut niveau depuis un mois, exerçant une pression à la hausse supplémentaire sur l’inflation mondiale.
Perspectives monétaires au Japon
Parallèlement, au Japon, la hausse de l’inflation sous-jacente et les bons résultats du secteur manufacturier ont renforcé la probabilité d’une hausse des taux d’intérêt par la Banque du Japon en septembre. Alors que le marché avait déjà anticipé une hausse modérée, les traders sont de plus en plus nombreux à souhaiter un cycle de resserrement plus agressif. (ev)
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