Principaux renseignements
- L’Espagne transfère 500 jeunes filles migrantes de Ceuta vers le continent.
- En vertu d’un décret royal, les autorités régionales sont légalement tenues d’assumer la responsabilité de ces mineures.
- Les responsables de l’UE insistent pour que les mineurs non accompagnés soient rapidement renvoyés au Maroc.
Le ministère espagnol de la Jeunesse et de l’Enfance organise actuellement le transfert rapide de 500 jeunes filles migrantes vers le continent. Ces mineures sont arrivées à Ceuta lors d’un afflux migratoire de grande ampleur survenu les 30 et 31 juillet.
Pour faciliter ce processus, le gouvernement s’appuie sur un décret royal qui oblige toutes les régions autonomes à partager la responsabilité de l’accueil ou à organiser des placements en famille d’accueil. Par ailleurs, les responsables étudient une stratégie selon laquelle des organismes spécialisés dans la protection de l’enfance prendraient en charge les cas les plus vulnérables dans des centres spécialisés situés sur le continent, contournant ainsi les transferts officiels de tutelle aux autorités régionales.
Tensions politiques
Cette initiative intervient alors que les tensions s’intensifient entre le gouvernement central et plusieurs communautés autonomes. Certaines d’entre elles ont refusé d’accueillir les mineurs arrivés via Ceuta.
Alors que l’administration centrale a condamné ce manque de coopération, le Maroc a simultanément demandé le rapatriement de ses ressortissants encore présents dans l’enclave espagnole.
Protection des mineurs vulnérables
La ministre Elma Saiz, chargée de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et de la Migration, a souligné que le bien-être des jeunes filles non accompagnées était une priorité absolue. Les mineures sont hébergées dans des lieux sûrs à Ceuta afin de les protéger contre les abus sexuels. Cette mesure fait suite à une série de viols signalés qui font actuellement l’objet d’une enquête judiciaire.
Pour soutenir ces efforts, le gouvernement central a alloué 25 millions d’euros à Ceuta. Au 18 août, la police nationale avait déjà pris en charge et transféré 2 168 mineurs à l’administration locale de Ceuta.
Position de l’Union européenne
L’Union européenne plaide en revanche pour le retour de ces mineurs non accompagnés au Maroc. Markus Lammert, porte-parole de la Commission européenne, a déclaré que la priorité immédiate revenait à l’Espagne et au Maroc pour stabiliser la région et veiller à ce que tous les migrants en situation irrégulière soient rapidement rapatriés.
Lammert a souligné que ces retours s’appuyaient juridiquement sur la directive européenne relative au retour et sur le futur règlement européen relatif au retour. (lv)
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