Principaux renseignements
- L’armée de l’air américaine achète des drones DJI pour former le personnel de sécurité des sites de missiles nucléaires.
- Le matériel chinois d’origine fournit des signatures radioélectriques essentielles que les alternatives américaines ne peuvent pas reproduire.
- Le logiciel spécial RIZER isole ces appareils afin d’empêcher toute fuite de données vers des serveurs étrangers.
Afin de renforcer la sécurité du complexe de missiles nucléaires Minuteman III, l’armée de l’air américaine se dote de drones commerciaux fabriqués par la société chinoise DJI. Ces appareils serviront de cibles réalistes pour le 90e escadron des opérations de sécurité des missiles, basé à la base aérienne F.E. Warren. Grâce à l’utilisation de ces appareils spécifiques, le personnel de sécurité pourra affiner ses compétences en matière de détection, de guerre électronique et de tactiques de neutralisation face aux types de drones les plus courants sur le marché civil.
Des infrastructures nucléaires critiques
La 90e escadre de missiles est responsable d’une vaste zone s’étendant sur le Colorado, le Nebraska et le Wyoming, où elle gère 15 centres d’alerte de missiles et 150 sites de lancement. Le ministère américain de la Défense limite généralement l’utilisation d’équipements fabriqués en Chine. Toutefois, des exceptions sont parfois accordées pour des essais visant à lutter contre les drones (UAS). Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une stratégie plus large visant à protéger les infrastructures nucléaires critiques contre la menace croissante que représentent les activités non autorisées de drones. Une préoccupation qui avait déjà été mise en évidence dans des données de l’armée de l’air.
Besoins tactiques et domination du marché
Cet achat spécifique comprend différents modèles, tels que le Mini 3 Pro, le Mavic 2 Pro et l’Avata 2, ainsi que du matériel permettant de larguer des charges. Ces différents modèles ont été choisis car ils représentent diverses menaces tactiques. Le Mini 3 Pro est petit et discret, le Mavic 2 Pro est adapté à la reconnaissance et l’Avata 2 est un drone FPV rapide. Les drones DJI sont essentiels car leurs signatures de fréquences radio et leurs protocoles de communication spécifiques ne peuvent pas être reproduits par des alternatives fabriquées aux États-Unis. Étant donné que DJI détient environ 80 à 85 pour cent du marché mondial, s’entraîner sur d’autres plateformes créerait une lacune dangereuse dans la préparation de la défense.
Risques liés à la cybersécurité
Afin de limiter les risques liés à la cybersécurité découlant de l’utilisation de technologies étrangères sur un site nucléaire, l’armée de l’air mettra en œuvre le logiciel « RIZER ». Cette adaptation vise à isoler les drones. Elle empêchera ainsi ces derniers d’envoyer des données vers des serveurs étrangers ou d’accéder aux réseaux militaires internes, tout en conservant les profils électroniques nécessaires à l’entraînement. Une stratégie similaire serait appliquée à la base aérienne de Malmstrom, ce qui semble indiquer une approche standardisée au sein de l’Air Force Global Strike Command.
Équilibre entre simulation et sécurité
La nécessité de telles mesures de précaution est soulignée par un incident récent concernant les systèmes K3 Scout de la Royal Navy britannique. On a découvert que des caméras envoyaient automatiquement des signaux vers une adresse IP chinoise. Bien que le ministère britannique de la Défense ait confirmé qu’aucune donnée confidentielle n’avait été perdue, cet incident met en évidence les risques liés aux dépendances cachées vis-à-vis de matériel étranger. (ev)
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