Principaux renseignements
- Le gouvernement vénézuélien et ses opposants politiques ont convenu de récupérer 4 milliards de dollars (3,5 milliards d’euros) de réserves d’or vénézuéliennes auprès de la Banque d’Angleterre.
- Ces fonds serviront à soutenir la reconstruction humanitaire après les tremblements de terre meurtriers et l’effondrement économique.
- Les dirigeants de l’opposition exigent un contrôle strict afin d’empêcher tout détournement de ces actifs par le gouvernement.
Au terme de près de deux semaines de discussions menées sous l’égide des États-Unis, le gouvernement vénézuélien et ses rivaux politiques sont parvenus à un consensus sur un objectif prioritaire : récupérer 4 milliards de dollars (3,5 milliards d’euros) de réserves d’or actuellement stockées à la Banque d’Angleterre. C’est ce que rapporte Financial Times.
Depuis 2018, le Royaume-Uni a restreint l’accès à environ 31 tonnes d’or vénézuélien, car il ne reconnaissait pas le gouvernement de Nicolás Maduro. Cela a donné lieu à un long conflit juridique.
Financement de la reconstruction humanitaire
Un communiqué conjoint a révélé que ces actifs sont destinés à financer les efforts de reconstruction après les séismes dévastateurs qui ont fait plus de 6 000 victimes.
La situation financière du pays est déjà précaire en raison de la corruption systémique, d’une mauvaise gouvernance de longue date et des sanctions américaines. Les récentes catastrophes naturelles ont encore déstabilisé l’économie, la banque centrale faisant état d’une flambée de l’inflation mensuelle à 19,9 pour cent en juillet, tandis que les experts estiment le taux annuel à près de 575 pour cent.
Obstacles juridiques
Afin de faciliter cette reprise, la présidente par intérim Delcy Rodríguez a récemment demandé au roi Charles d’autoriser la libération de l’or. Cependant, les membres de l’opposition participant aux négociations ont insisté sur le fait que des protocoles de contrôle stricts seraient mis en place pour empêcher le gouvernement de détourner les fonds, soulignant leur manque de confiance dans l’engagement de l’administration actuelle en faveur des réformes démocratiques.
De son côté, la Banque d’Angleterre est restée silencieuse, ayant précédemment déclaré qu’elle exigeait une décision juridique définitive sur la propriété avant que les actifs puissent être transférés.
Fractures politiques
Alors que les États-Unis ont assoupli certaines sanctions et collaborent avec Rodríguez pour attirer les investissements internationaux vers les ressources naturelles du Venezuela, le paysage politique interne reste fracturé.
Le dialogue actuel, qui prévoit notamment une réforme en profondeur du système judiciaire, a exclu María Corina Machado, lauréate du prix Nobel de la paix et figure de proue de l’opposition résidant actuellement à Washington.
La lutte pour la stabilité financière
Le Venezuela retrouve progressivement sa crédibilité financière internationale. Après avoir renoué le dialogue avec le FMI, le pays a obtenu 350 millions de dollars (302,6 millions d’euros) en juillet. Il reste toutefois confronté à une dette souveraine colossale d’environ 240 milliards de dollars (207,5 milliards d’euros), ce qui représente l’un des projets de restructuration les plus gigantesques de l’histoire mondiale.
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