Le C919 effectue son premier vol international : la Chine veut mettre la pression sur Airbus et Boeing


Principaux renseignements

  • L’avion chinois C919 a effectué son premier vol international dans le but de briser le duopole d’Airbus et de Boeing.
  • L’absence de certifications de sécurité occidentales limite considérablement l’attrait de cet appareil sur le marché mondial.
  • COMAC doit augmenter sa production et réduire sa dépendance vis-à-vis des pièces étrangères pour atteindre le niveau de fiabilité requis par l’industrie.

La Commercial Aircraft Corporation of China (COMAC) a franchi une étape importante. Son avion de ligne C919, fabriqué en Chine, a effectué son premier vol régulier hors des frontières nationales, reliant Pékin à Oulan-Bator, en Mongolie. Opéré par Air China, ce vol d’une durée d’environ deux heures témoigne de l’ambition de la Chine de briser le duopole mondial de l’aviation détenu par Airbus et Boeing.

À la conquête du marché mondial

Conçu comme un avion à fuselage étroit capable de transporter 174 passagers, le C919 est destiné à concurrencer directement l’Airbus A320neo et le Boeing 737 MAX.

Afin de promouvoir cet appareil, la COMAC a mené des actions de marketing à l’international, notamment en organisant une présentation remarquée au Salon aéronautique de Dubaï en novembre dernier, dans l’espoir que la liaison vers la Mongolie devienne à terme un service quotidien.

Obstacles liés à la certification 

Malgré ces progrès, le C919 doit surmonter des obstacles de taille avant de pouvoir réellement bouleverser le marché international. L’un des principaux obstacles réside dans l’absence de certifications de sécurité délivrées par les autorités aéronautiques américaines et européennes, ce qui limite considérablement son attrait auprès des acheteurs mondiaux.

De plus, l’avion dépend encore fortement de pièces fabriquées à l’étranger, ce qui entrave l’objectif initial de la Chine visant à atteindre une production entièrement nationale d’ici 2025.

Le déficit de production

L’échelle de production reste également une source de préoccupation. Avec seulement une poignée de livraisons, contre les centaines d’avions fournis par ses concurrents occidentaux, la COMAC est loin de son objectif de fabrication de 200 unités par an d’ici 2029.

Ce déficit est mis en évidence par le fait que les compagnies aériennes chinoises continuent d’acheter de grands volumes d’avions et de composants Boeing pour répondre à leurs besoins opérationnels.

La voie vers la fiabilité

Au-delà de la fabrication, COMAC doit mettre en place une chaîne d’approvisionnement solide et prouver la fiabilité à long terme de sa flotte pour gagner la confiance du secteur.

Si ce premier vol international constitue une victoire symbolique pour le secteur aérospatial chinois, l’entreprise doit encore développer ses activités et éliminer sa dépendance vis-à-vis des technologies étrangères pour pouvoir véritablement rivaliser avec les géants établis de l’aviation.

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