Pourquoi la navigation dans le détroit d’Ormuz restera très difficile au cours des prochains mois


Principaux renseignements

  • La navigation dans le détroit d’Ormuz reste périlleuse en raison des mines iraniennes et des blocus américains.
  • Téhéran exige le retrait des forces militaires et le paiement de droits de transit pour rétablir la stabilité maritime.
  • Les différends juridiques concernant les droits de transit internationaux bloquent les négociations diplomatiques.

La lutte pour rétablir la stabilité de la navigation dans le détroit d’Ormuz reste un obstacle majeur aux négociations diplomatiques visant à mettre fin au conflit entre les États-Unis et l’Iran.

Échec des négociations

Suite à l’échec d’un cessez-le-feu temporaire à la mi-juin, la région a connu une recrudescence des attaques iraniennes contre des navires et la réimposition d’un blocus américain sur les ports iraniens.

Les tensions se sont encore intensifiées depuis le 8 août, le président Donald Trump et les dirigeants iraniens ayant tous deux émis des exigences contradictoires et strictes pour la réouverture de la voie navigable, rendant improbable un retour à un trafic sans restriction dans un avenir proche.

La navigation reste dangereuse

Actuellement, l’environnement maritime est périlleux, le Centre conjoint d’information maritime classant le niveau de menace au Moyen-Orient comme « grave ». Pour éviter les quelque 80 mines qui auraient été déployées par l’Iran sur les principales voies de navigation, les capitaines doivent désormais naviguer plus près soit de la côte omanaise — où l’armée américaine assure une certaine protection —, soit de la côte iranienne. Téhéran exige désormais que tout trafic commercial obtienne son autorisation préalable et respecte strictement les itinéraires définis dans les eaux iraniennes.

De nombreuses compagnies maritimes hésitent à s’y conformer, craignant que cela ne légitime la tentative de l’Iran de réécrire les lois internationales en matière de transit ou n’entraîne des violations des sanctions américaines. Alors que la liberté de circulation était autrefois la norme pour ce goulet d’étranglement vital, l’Iran a récemment pris pour cible des navires même dans les eaux omanaises afin de démontrer sa domination sur cette route.

La bataille juridique autour des eaux internationales

Le litige juridique porte sur la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), qui prévoit généralement le « passage inoffensif » à travers les eaux territoriales et le « passage en transit » à travers les détroits internationaux sans redevance.

Bien que ni les États-Unis ni l’Iran ne soient formellement liés par la CNUDM — l’Iran l’a signée mais ne l’a jamais ratifiée, et les États-Unis n’en sont pas membres —, la plupart des experts juridiques soutiennent que ces règles font partie du droit international coutumier que toutes les nations doivent respecter. L’Iran rejette cette interprétation, revendiquant le droit de limiter le trafic maritime afin de protéger sa sécurité nationale.

Exigences de l’Iran

Pour Téhéran, le détroit constitue à la fois un atout stratégique et une source potentielle de revenus. L’Iran a exigé le retrait total des forces militaires américaines de sa périphérie, la levée complète des sanctions et la fin des frappes américaines contre les milices soutenues par l’Iran dans la région comme conditions préalables à la réouverture de la voie navigable.

De plus, l’Iran espère tirer profit du détroit en facturant des redevances pour des « services maritimes », ce qui pourrait générer des milliards de dollars pour relancer son économie en difficulté. Cela place les armateurs dans une situation précaire, car les États-Unis ont indiqué que le paiement de tels péages au gouvernement iranien pourrait entraîner de lourdes sanctions.

Position ambiguë des États-Unis

Les États-Unis soutiennent officiellement que le transit par le détroit doit être libre et sans restriction, considérant cela comme un droit juridique universel. Cependant, la position des États-Unis a manqué de cohérence. Le président Trump a brièvement laissé entendre que les États-Unis pourraient agir en tant que « gardien » de cette voie navigable et prélever une taxe de 20 pour cent sur les cargaisons si un accord avec l’Iran échouait, bien qu’il soit par la suite revenu sur cette déclaration.

Il reste incertain que Washington intensifie sa pression militaire pour forcer l’ouverture du détroit, d’autant plus que des rapports suggèrent que les récentes hostilités ont réduit les stocks de missiles américains à des niveaux critiques. (fc)

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