Principaux renseignements
- Le groupe Klesch devient le deuxième raffineur allemand en rachetant l’usine de Gelsenkirchen de BP.
- Les géants mondiaux de l’énergie cèdent leurs actifs européens pour réduire leurs coûts et leurs émissions.
- La propriété privée réduit la transparence environnementale et la responsabilité publique.
A. Gary Klesch, un investisseur américain connu pour acquérir des actifs industriels en difficulté tels que des usines chimiques et des aciéries, a considérablement étendu sa présence dans le secteur de l’énergie. En rachetant la raffinerie de Gelsenkirchen appartenant à BP Plc, la société Klesch Group Ltd, basée à Malte, s’est hissée au rang de deuxième plus grand raffineur de pétrole en Allemagne.
Cette acquisition confère également au groupe une participation majeure dans un réseau crucial d’oléoducs, jouant un rôle vital dans l’approvisionnement en carburants pour l’aviation, le transport maritime et routier, tout en soutenant le secteur chimique allemand.
Mutations industrielles
Cette transaction reflète une tendance plus large selon laquelle les géants mondiaux du pétrole, notamment Exxon Mobil Corp., Shell Plc et BP, prennent leurs distances par rapport au raffinage européen.
Ces entreprises sont de plus en plus accablées par les coûts élevés liés à la modernisation d’infrastructures vieillissantes et par la pression financière résultant du respect de normes environnementales plus strictes. Par exemple, un récent incendie sur le site de Gelsenkirchen a entraîné la fermeture temporaire d’unités essentielles de production de diesel, mettant en évidence les risques associés aux installations anciennes.
La logique financière du désinvestissement
D’un point de vue financier, le désinvestissement permet aux grandes entreprises énergétiques de réduire leurs dépenses d’exploitation, tout en supprimant simultanément d’importantes émissions de carbone de leurs bilans officiels.
Selon les experts, ces actifs ne sont plus rentables pour les géants intégrés de l’énergie, mais sont devenus attractifs pour les sociétés d’investissement privées et les négociants en matières premières. Ces acheteurs sont attirés par la hausse actuelle des marges de raffinage due à la guerre en Ukraine, même si ces bénéfices peuvent être volatils.
Problèmes de transparence dans le cadre de la propriété privée
Contrairement aux sociétés cotées en bourse, cette nouvelle vague d’acheteurs, souvent des entreprises familiales ou des fonds spécialisés, opère avec beaucoup moins de transparence et est soumise à moins d’obligations de déclaration concernant l’impact environnemental.
Klesch, qui a fait son entrée sur le marché du raffinage en 2010, a déjà montré sa volonté de défier l’autorité, en poursuivant l’État allemand au sujet des taxes sur les bénéfices exceptionnels et en abandonnant ses projets liés à l’hydrogène. Cette évolution vers la propriété privée suscite des inquiétudes, car ces entités ne sont pas tenues de rendre des comptes aux actionnaires publics et pourraient privilégier les gains à court terme au détriment de la durabilité écologique. (jv)
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