Principaux renseignements
- Les responsables russes s’attendent à ce que le conflit en Ukraine perdure pendant plusieurs années.
- Moscou exige la reconnaissance intégrale de ses revendications territoriales et le retrait de l’Ukraine de l’OTAN avant de mettre fin aux hostilités.
- Le manque d’effectifs pourrait contraindre le Kremlin à mettre en place une mobilisation obligatoire.
De hauts responsables russes indiquent que le conflit en Ukraine devrait perdurer pendant plusieurs années, le ministère des Affaires étrangères laissant entendre qu’une résolution diplomatique n’est pas pour demain. Rodion Miroshnik, un diplomate de haut rang, a récemment souligné que la Russie devait se préparer à une campagne militaire de longue haleine, car des pourparlers de paix semblent actuellement hors de portée.
Ce point de vue reflète la position du ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, qui avait auparavant rejeté l’idée d’un règlement rapide lors des discussions de Genève, affirmant que Moscou n’était liée par aucun calendrier et se consacrait exclusivement à ses objectifs militaires stratégiques.
Accusations portées contre l’Occident
Miroshnik a attribué cette impasse aux actions des gouvernements occidentaux, les accusant d’avoir délibérément délaissé la voie diplomatique au profit d’un soutien financier et militaire continu à Kiev. Selon le diplomate, les dirigeants européens font activement obstruction aux efforts de paix, pariant en réalité sur la poursuite de la guerre. Il a noté qu’il était improbable de renverser cette tendance à court terme, ce qui nécessite de la part de la Russie une stratégie militaire calculée et à long terme.
Les conditions du Kremlin
L’engagement du Kremlin en faveur d’une guerre de longue haleine est encore attesté par les conditions spécifiques posées par Vladimir Poutine pour la paix. Comme l’a déclaré Lavrov, la Russie ne mettra pas fin aux hostilités tant que l’Ukraine n’aura pas accepté plusieurs exigences : le retrait total des troupes des régions de Kherson, Zaporijia, Louhansk et Donetsk, la reconnaissance officielle de ces territoires et de la Crimée comme faisant partie du territoire russe, l’engagement de renoncer à toute aspiration à l’adhésion à l’OTAN, ainsi qu’un processus complet de démilitarisation.
Pour soutenir cette vision à long terme, le président Poutine a veillé à ce que les dépenses militaires restent une priorité du budget national jusqu’en 2029.
Pénurie de main-d’œuvre
Malgré cette détermination, la Russie est confrontée à d’importants défis internes, notamment en matière d’effectifs. Des rapports indiquent une forte baisse des enrôlements volontaires vers la fin de l’année 2025, leur nombre ayant diminué de moitié. Cette pénurie de main-d’œuvre a créé un déficit critique dans les effectifs militaires, ce qui a incité le gouvernement russe à envisager la mise en place d’une mobilisation obligatoire une fois les élections à la Douma d’État terminées. (fc)
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