Les « workations » gagnent du terrain auprès des PME belges, mais les obstacles administratifs restent importants


Principaux renseignements

  • La plupart des PME belges rejettent les « workations » en raison de leur complexité juridique et administrative.
  • Bruxelles et les secteurs technologiques sont à la pointe de l’adoption du travail à distance à l’international.
  • Des directives d’entreprise claires permettent d’atténuer les risques fiscaux et sociaux liés au travail à l’étranger.

D’après une enquête menée en juin 2026 par SD Worx auprès de 448 PME belges, le concept de « workation » – travail à distance temporaire depuis l’étranger – gagne quelque peu du terrain, même s’il reste une pratique de niche.

Environ 19 pour cent des petites et moyennes entreprises sont ouvertes à ce type d’arrangement, tandis qu’une large majorité (66 pour cent) y reste opposée. Les demandes concrètes émanant des salariés sont encore rares, moins de 10 pour cent des entreprises faisant état de telles demandes.

Obstacles juridiques et administratifs

Les principaux obstacles à une adoption plus large ne sont pas nécessairement un manque de volonté, mais plutôt la complexité des exigences juridiques et administratives.

Environ un tiers des entreprises évoquent des préoccupations concernant la sécurité sociale, les obligations fiscales, les assurances et la gestion logistique des décalages horaires. Malgré ces obstacles, 23 pour cent des PME ont déjà mis en place de manière proactive des directives formelles pour gérer le télétravail international.

Disparités régionales dans l’adoption

Les disparités régionales ressortent clairement des données. Bruxelles est en tête de cette tendance, avec 44 pour cent de ses PME ouvertes aux workations et 22 pour cent ayant déjà reçu des demandes de la part de leurs salariés. En revanche, l’ouverture est nettement plus faible en Flandre (18 pour cent) et en Wallonie (11 pour cent).

De plus, les entreprises bruxelloises sont plus susceptibles de disposer d’un cadre structuré (38 pour cent) et s’inquiètent moins des complications juridiques que leurs homologues wallonnes, où 39 pour cent des employeurs anticipent des difficultés.

Secteurs technologiques

Les tendances sectorielles montrent que les workations sont plus courantes dans les secteurs où le télétravail est déjà la norme. Par exemple, 32 pour cent des entreprises du secteur des TIC et des logiciels ont reçu des demandes, et 52 pour cent sont favorables à cette pratique.

De même, les entreprises des secteurs du marketing, du conseil et du travail temporaire affichent des niveaux d’ouverture plus élevés (41 pour cent). Même dans des secteurs moins numériques, tels que les arts et les loisirs, près de la moitié des entreprises ont élaboré des règles formelles, bien qu’elles aient reçu moins de demandes.

Le besoin de sécurité juridique

Laura Bertrand, experte juridique chez SD Worx, souligne que les hésitations des employeurs découlent d’un besoin de sécurité juridique. Travailler depuis un autre pays soulève immédiatement des questions relatives au droit du travail et à la résidence fiscale.

Elle note que les entreprises habituées au télétravail sont plus enclines à mettre en œuvre ces politiques, car des accords clairs concernant la durée, les pays éligibles et les conditions réduisent considérablement les risques tant pour l’employeur que pour le personnel.

Recommandations pour la mise en œuvre

Pour mettre en œuvre avec succès une politique de workation, SD Worx recommande aux PME de suivre les étapes suivantes :

  • Élaborer des directives précises précisant qui est éligible, pour quelle durée et dans quels pays.
  • Évaluer de manière approfondie les implications fiscales, sociales et juridiques du travail transfrontalier.
  • Définir des attentes claires en matière de disponibilité et de communication afin de maintenir la collaboration au sein de l’équipe.
  • Formaliser ces règles par le biais d’une politique écrite ou d’un avenant au contrat.
  • Mettre en place un processus d’approbation préalable obligatoire afin de vérifier la viabilité juridique et pratique de chaque demande.

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