Les salariés belges sont favorables à l’IA, mais réclament davantage de transparence et d’accompagnement


Principaux renseignements

  • Les travailleurs belges intègrent de plus en plus l’IA dans leur quotidien malgré des craintes persistantes concernant la sécurité de l’emploi.
  • La transparence dans la prise de décision par l’IA reste une exigence essentielle pour gagner la confiance des employés.
  • Les entreprises doivent combler le déficit de connaissances en matière d’IA afin de se conformer aux exigences réglementaires de l’UE.

L’intelligence artificielle fait désormais partie intégrante du paysage professionnel en Belgique. Selon une étude menée par SD Worx, qui a interrogé des milliers de salariés et de responsables RH dans seize pays européens, 27 pour cent des travailleurs belges intègrent désormais l’IA dans leurs tâches quotidiennes, et 30 pour cent d’entre eux signalent une augmentation de la fréquence de son utilisation.

Si une majorité (53 pour cent) estime que leurs fonctions ne seront globalement pas affectées, les avis divergent quant à la qualité du travail. Des pourcentages à peu près équivalents de salariés considèrent que l’IA donnera plus de sens à leur travail ou, au contraire, le rendra plus mécanique et moins épanouissant.

Inquiétudes concernant la sécurité de l’emploi

Une part importante de la main-d’œuvre s’inquiète pour la sécurité de l’emploi et la clarté des processus opérationnels. Environ 25 pour cent des travailleurs belges craignent que l’IA ne remplace une partie substantielle de leurs tâches – un chiffre qui correspond à la moyenne européenne.

En conséquence, la demande de transparence est forte : 61 pour cent des employés insistent pour que les processus décisionnels de l’IA soient transparents. Cela est particulièrement crucial dans des domaines tels que l’évaluation du personnel, la planification des horaires et le recrutement. Une véritable transparence exige plus qu’une simple mention légale. Les entreprises doivent définir les objectifs de la technologie, établir des lignes de responsabilité claires et offrir au personnel la possibilité de contester les résultats générés par l’IA.

La valeur durable de l’intuition humaine

Malgré ces inquiétudes, la valeur durable de l’intuition humaine fait l’objet d’une forte conviction. Environ 65 pour cent de la population active belge estime que l’IA ne peut pas reproduire les traits propres à l’être humain. Beaucoup considèrent cette technologie comme un outil d’aide qui se charge des analyses répétitives, laissant aux humains le soin de gérer le contrôle qualité, l’interprétation critique et la prise de décision finale.

Cependant, la confiance dans l’éthique des entreprises en matière d’IA est partagée : 48 pour cent des travailleurs belges font confiance à leurs employeurs pour utiliser ces outils de manière équitable, un sentiment légèrement inférieur à la moyenne européenne.

Le fossé entre le soutien des entreprises et la maîtrise de l’IA

La transition vers un environnement de travail axé sur l’IA révèle également un fossé en matière de soutien des entreprises. Si l’IA peut considérablement améliorer l’efficacité, il ne suffit pas de simplement fournir les logiciels. Les employés ont besoin d’être guidés pour utiliser ces outils de manière éthique et critique.

Malgré les exigences légales de la loi européenne sur l’IA – qui rend obligatoire la formation à l’IA pour le personnel à compter de février 2025 – , près de la moitié des travailleurs belges estiment que leur entreprise ne les aide pas activement à s’adapter à ces nouvelles méthodologies.

S’y retrouver dans les dispositions de la loi européenne sur l’IA

D’un point de vue réglementaire, les employeurs belges sont confrontés à des échéances critiques fixées par la loi européenne sur l’IA. Alors que certaines règles concernant les systèmes à haut risque ont été reportées à 2027 et 2028 par le biais de l’« AI Omnibus », les obligations de transparence sont entrées en vigueur le 2 août 2026.

Cela signifie que les entreprises doivent veiller à ce que les utilisateurs sachent quand ils interagissent avec une IA, comme les chatbots, et que les contenus générés par l’IA soient clairement identifiés.

Pour éviter les risques et préserver la confiance des salariés, les organisations sont encouragées à dresser dès maintenant un état des lieux de leur utilisation de l’IA, en mettant en place une supervision humaine rigoureuse et une documentation claire afin de prévenir tout résultat discriminatoire ou erroné.

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Ajoutez fr.businessam.be en tant que source préférée sur Google
Plus