Le Pentagone demande 18,2 milliards de dollars pour reconstituer ses stocks de missiles


Principaux renseignements

  • Le Pentagone demande 18,2 milliards de dollars (15,8 milliards d’euros) pour reconstituer les stocks de missiles épuisés par les conflits avec l’Iran.
  • Les intercepteurs haut de gamme tels que le THAAD et le Patriot représentent la majeure partie de ce financement d’urgence.
  • Les experts avertissent que ces montants demandés pourraient ne pas couvrir entièrement les pertes réelles d’armes.

Le ministère américain de la Défense sollicite 18,2 milliards de dollars de fonds d’urgence pour reconstituer les stocks critiques d’intercepteurs et de missiles épuisés lors des conflits avec l’Iran. Ce montant s’inscrit dans le cadre d’une demande de financement d’urgence plus large, d’un montant de 67 milliards de dollars (58 milliards d’euros), soumise aux commissions de défense du Congrès.

Cette demande souligne les préoccupations urgentes liées à l’épuisement des stocks d’armement américain utilisés pour frapper des cibles iraniennes et défendre les bases régionales contre les incursions de missiles et de drones.

Priorité au THAAD et au Patriot

Une part importante du financement est consacrée aux systèmes de défense de pointe. Plus précisément, le Pentagone sollicite 5,75 milliards de dollars (5 milliards d’euros)pour les intercepteurs à haute altitude THAAD de Lockheed Martin et 5,57 milliards de dollars (5 milliards d’euros) pour la version la plus sophistiquée du missile Patriot, le modèle MSE, également connu sous le nom de PAC-3.

De plus, 1,9 milliard de dollars (1,65 milliard d’euros) sont alloués au SM-6, une arme polyvalente capable de cibler des aéronefs, des navires et des missiles balistiques, y compris le DF-21D chinois, conçu pour détruire les porte-avions. L’importance du SM-6 a été mise en évidence par l’utilisation d’au moins 80 unités contre les rebelles houthis en mer Rouge au cours de l’année 2024.

Autres munitions

Parmi les autres fonds alloués figurent 1,3 milliard de dollars (1,1 milliard d’euros) pour les missiles de croisière Tomahawk et 1 milliard de dollars (870 millions d’euros) pour les intercepteurs SM-3 Block IIA. D’autres demandes portent sur 992 millions de dollars (864 millions d’euros) pour les AMRAAM et 692 millions de dollars (602 millions d’euros) pour le missile de frappe de précision (Precision Strike Missile), qui a récemment connu sa première utilisation au combat contre l’Iran.

Le budget prévoit également 100 millions de dollars (87 millions d’euros) pour le Joint Advanced Tactical Missile, un système air-air classifié qui n’a pas encore été déployé.

Options plus abordables

Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth avait précédemment informé la commission des crédits du Sénat qu’un montant de 21 milliards de dollars (18,3 milliards d’euros) était nécessaire pour accélérer l’acquisition à la fois de missiles haut de gamme et d’options plus abordables, telles que les munitions conteneurisées lancées depuis le sol et les JDAM guidés par GPS.

Cependant, ces alternatives moins coûteuses ne représentent que 3 milliards de dollars de la demande totale, la majeure partie du financement étant consacrée aux intercepteurs coûteux et très demandés.

Niveaux d’épuisement

Les analystes militaires suggèrent sur Bloomberg que ces chiffres donnent un aperçu des munitions utilisées pendant le conflit entre le 28 février et le mois d’avril. Alors que l’analyste Chris Park estime que ce financement permettrait d’acquérir des centaines de PAC-3 MSE, de THAAD et de Tomahawk, d’autres experts font valoir que les montants demandés pourraient ne pas couvrir entièrement le nombre total de missiles tirés.

Victoria Burger, ancienne marine à la retraite, a fait remarquer que si les demandes concernant les systèmes Patriot et THAAD correspondent étroitement aux estimations d’utilisation, les fonds alloués aux SM-3, SM-6 et Tomahawks sont probablement inférieurs aux niveaux réels d’épuisement des stocks.

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