Principaux renseignements
- Pour la première fois, l’AfD arrive en tête des sondages à Berlin.
- Les partis traditionnels maintiennent un cordon sanitaire pour empêcher l’extrême droite d’accéder au pouvoir.
- Les frustrations nationales liées à l’immigration et à l’économie expliquent la montée en puissance du parti.
Pour la première fois, le parti d’extrême droite Alternative für Deutschland (AfD) est arrivé en tête d’un sondage d’opinion à Berlin. Selon les données publiées jeudi par Insa, l’AfD a recueilli 19 pour cent des voix, devançant ainsi de justesse Die Linke et les chrétiens-démocrates (CDU), qui ont chacun obtenu 18 pour cent.
Les autres résultats indiquent que les Verts recueillent 16 pour cent des voix et les sociaux-démocrates 13 pour cent. Cette progression montre que l’AfD gagne en influence même en dehors de l’Allemagne de l’Est. Toutefois, une participation au gouvernement reste pour l’instant peu probable, car les partis traditionnels refusent de former des coalitions avec ce parti.
Changement à la tête de la CDU
Ce sondage intervient après une période d’instabilité pour la CDU à Berlin. À la suite d’une polémique concernant sa réaction face à une importante panne d’électricité en janvier, le maire en exercice Kai Wegner s’est retiré de la course à sa réélection.
En conséquence, le sénateur aux Finances Stefan Evers a été désigné comme candidat principal de la CDU pour les élections au Parlement régional du 20 septembre.
Montée en puissance au niveau national
La tendance observée à Berlin s’inscrit dans le cadre d’une progression nationale plus large de l’AfD. Le parti tire parti du mécontentement lié à l’immigration et aux difficultés économiques. En avril, un sondage national réalisé par Insa a révélé que le parti avait atteint un pic de 28 pour cent, dépassant ainsi la CDU et la CSU.
Si le parti gagne du terrain à l’Ouest, c’est à l’Est qu’il a ses meilleures perspectives. Par exemple, en Saxe-Anhalt, où les élections auront lieu le 6 septembre, l’AfD recueille plus de 40 pour cent des intentions de vote, loin devant la CDU (24 pour cent). Le parti est également en tête en Mecklembourg-Poméranie occidentale à l’approche du scrutin du 20 septembre.
Cordon sanitaire
Malgré ces chiffres, l’AfD se heurte à un cordon sanitaire – un accord collectif entre les partis traditionnels visant à empêcher l’extrême droite d’entrer au gouvernement. Cette barrière reste un obstacle de taille pour l’AfD, qui aspire au pouvoir depuis sa création en 2013.
Opposition publique
L’opposition publique à la montée en puissance du parti reste vive. Récemment, des milliers de manifestants ont protesté à Erfurt lors du congrès annuel de l’AfD, arguant que l’essor du parti mettait en danger le système démocratique du pays.
Les responsables de l’AfD rejettent ces accusations. Récemment, le parti a par ailleurs réussi, dans le cadre d’une procédure judiciaire, à faire supprimer la qualification d’« extrémiste » qui lui avait été attribuée auparavant par les services de renseignement. (lv)
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