Principaux renseignements
- Il y a quelque temps, l’Europe a lancé le programme SAFE, doté de 150 milliards d’euros, afin d’accélérer la modernisation de la défense européenne.
- La Pologne est en tête des États membres participants avec un accord de financement colossal de 44 milliards d’euros.
- Des règles d’approvisionnement strictes imposent que 65 pour cent des coûts des composants restent au sein de l’Espace économique européen.
À la suite de l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, les pays européens ont recentré leurs priorités sur le renforcement de leur préparation militaire. En réponse, le Conseil européen a lancé en mars 2025 le programme « Security Action for Europe » (SAFE), un programme financier stratégique destiné à accélérer la modernisation des moyens de défense du continent.
Crédits à un taux d’intérêt bas
Cette initiative propose des crédits à long terme à faible taux d’intérêt pour soutenir les modernisations essentielles au sein du secteur de la défense européen. Doté d’un budget total de 150 milliards d’euros devant être réparti jusqu’en 2030, le programme a déjà connu une activité importante. Alors que huit pays, dont l’Espagne, le Danemark et la Belgique, ont reçu une approbation initiale en janvier, dix autres ont depuis été autorisés à bénéficier d’un financement.
Par ailleurs, la Commission européenne examine actuellement la demande de la Hongrie, ce pays ayant sollicité des fonds dépassant sa dotation initiale.
La Pologne en tête
La Pologne s’est imposée comme le principal bénéficiaire du dispositif, ayant conclu un accord portant sur environ 44 milliards d’euros, dont un premier versement de 6 milliards d’euros a été effectué fin mai. À l’inverse, huit autres États membres ont refusé d’y adhérer ; certains disposaient d’une solvabilité suffisante pour recourir à d’autres sources de financement, tandis que d’autres étaient réticents à partager des données spécifiques relatives à leurs marchés publics avec les autorités de l’UE.
En dehors de l’Union, le Royaume-Uni a tenté de participer en 2025, mais les négociations ont échoué en raison de désaccords concernant les cotisations exigées des États non membres de l’UE.
Conditions générales
Le programme finance un large éventail de technologies militaires, notamment la cybersécurité, la défense antimissile, l’artillerie, les munitions et les petits drones, classées selon des normes techniques spécifiques. Afin de stimuler la croissance de l’industrie européenne, l’initiative impose qu’au moins 65 pour cent des coûts des composants soient générés au sein de l’Espace économique européen, une définition qui inclut actuellement l’Ukraine.
De plus, les contractants doivent garantir que les équipements puissent être modifiés, une exigence qui peut s’avérer problématique selon la localisation du fabricant.
Projets d’avenir
Un accord historique conclu récemment entre la Commission européenne et l’Ukraine vise à associer l’expérience pratique de l’Ukraine en matière de combat à la puissance industrielle européenne pour produire des drones de combat. Ce projet est principalement financé par une facilité de prêt de 90 milliards d’euros en faveur de l’Ukraine, complétée par un montant pouvant atteindre 10 milliards d’euros provenant des ressources restantes du programme SAFE.
À l’avenir, les responsables de l’UE discutent de la possibilité d’étendre le programme au-delà de 2030 et de créer un fonds plus important pour des investissements militaires plus ambitieux. (fc)
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