Principaux renseignements
- Le nombre de victimes russes dépasse celui des nouvelles recrues.
- Moscou recourt à des tactiques de recrutement trompeuses pour combler ses rangs qui s’amenuisent.
- Une mobilisation générale potentielle risque de déclencher des troubles sociaux généralisés.
Diverses informations indiquent que la Russie est confrontée à une grave pénurie d’effectifs. Le nombre de nouvelles recrues est en effet inférieur aux pertes subies sur le champ de bataille. Alors qu’environ 1 080 personnes signent quotidiennement un contrat militaire, les services de renseignement ukrainiens estiment que le nombre quotidien de victimes dépasse largement ce chiffre. En conséquence, les forces armées russes connaissent une baisse constante de leurs effectifs totaux.
Le recrutement devient plus difficile
Depuis des années, Moscou s’appuie sur le recrutement dans les zones rurales défavorisées, mais cette source est désormais presque épuisée. Il reste tout simplement moins d’hommes éligibles qui n’aient pas déjà été déployés ou tués. De plus, les incitations financières qui stimulaient autrefois le recrutement ont chuté ; dans des régions comme le Tatarstan et Samara, les primes d’engagement sont passées de plusieurs millions de roubles au minimum fédéral équivalant à environ 4 500 euros.
Pour pallier ces pénuries, le gouvernement russe a recouru à des tactiques de plus en plus désespérées et trompeuses. Des unités nord-coréennes ont été intégrées aux forces armées, mais ont subi des taux de pertes d’au moins 50 pour cent sans pour autant modifier le cours de la guerre. D’autres stratégies consistent à tromper des ressortissants étrangers originaires d’Inde et d’Afrique à l’aide de fausses offres d’emploi dans le secteur de la sécurité à Moscou, pour ensuite les forcer à combattre dès leur arrivée. On rapporte également que les autorités mènent des rafles de porte-à-porte pour contraindre des « volontaires » à s’engager, ainsi que des cas de recours à des personnes issues de centres de désintoxication.
Le risque d’une mobilisation générale
Malgré ces efforts, certains analystes estiment que la Russie pourrait avoir besoin d’une augmentation massive de ses effectifs pour reprendre l’initiative en Ukraine. Cependant, pour y parvenir, une deuxième vague de mobilisation générale serait probablement nécessaire.
On suppose qu’une telle mesure pourrait intervenir après les élections de septembre, car le Kremlin craint qu’une mobilisation prématurée ne déclenche des troubles civils généralisés dans les grandes villes qui ont jusqu’à présent été épargnées par les conséquences les plus lourdes de la guerre.
Mauvaises perspectives
En fin de compte, la tentative de l’armée russe d’étoffer ses rangs semble être un pari fondé sur l’espoir plutôt que sur la réalité. Compte tenu de l’échec des méthodes de recrutement actuelles et du risque d’instabilité sociale, Moscou ne dispose pas d’une stratégie viable pour inverser la tendance à la détérioration de sa position sur le champ de bataille et à l’intérieur de ses propres frontières. (fc)
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