Principaux renseignements
- Les taxes élevées sur l’alcool poussent les consommateurs belges à acheter des produits alimentaires et des boissons alcoolisées à l’étranger.
- Les écarts de prix incitent les acheteurs de spiritueux à se rendre fréquemment dans les pays voisins.
- Selon Vinum et Spiritus, la fédération belge du secteur des vins et spiritueux, une baisse des accises pourrait stimuler les ventes sur le marché intérieur et, à terme, accroître les recettes fiscales.
L’économie belge et le Trésor public continuent de souffrir d’un problème systémique lié aux achats transfrontaliers. Selon les données de la fédération professionnelle Vinum et Spiritus, les résidents belges ont dépensé 708 millions d’euros en produits alimentaires et en boissons dans les pays voisins en 2025. Sur ce montant, environ 14 pour cent — soit 98 millions d’euros — ont été consacrés aux boissons alcoolisées.
L’impact des droits d’accise élevés
La fédération affirme que les taxes élevées détournent les consommateurs du marché intérieur. Elle cite notamment la hausse des droits d’accise sur l’alcool de 2015, qui devait générer 220 millions d’euros par an ; or, les recettes actuelles sont en réalité inférieures de 33 millions d’euros à ce qu’elles étaient il y a dix ans. Cela suggère que les fortes hausses de prix n’ont fait qu’inciter les Belges à effectuer leurs achats à l’étranger. Les spiritueux sont la catégorie la plus touchée, 8,7 pour cent de l’ensemble des dépenses consacrées à ces boissons étant réalisées hors de Belgique, le taux le plus élevé parmi tous les produits alimentaires et boissons.
Taxes qui pèsent sur les consommateurs
La charge financière pesant sur les consommateurs est illustrée par le cas d’une bouteille standard de 70 cl de whisky titrant 40 pour cent d’alcool. En Belgique, une bouteille de ce type coûte environ 16,79 euros, dont plus des deux tiers correspondent aux taxes (accises, TVA et contributions sur les emballages). Une étude menée par WHYFIVE montre que, tandis que les acheteurs de vin sont souvent attirés par un choix plus large à l’étranger, ceux de spiritueux sont principalement motivés par l’écart de prix significatif. Ce phénomène est particulièrement évident lors des voyages au Luxembourg, où l’achat de spiritueux constitue souvent l’objectif principal.
Appel à un revirement politique
Pour lutter contre ce phénomène, Geert Van Lerberghe, PDG de Vinum et Spiritus, exhorte les négociateurs du budget à ramener les taux d’accises à leurs niveaux d’avant 2015. Il soutient que réduire l’écart de prix ferait à nouveau des achats en Belgique le choix logique, protégeant ainsi les entreprises locales et renforçant les finances publiques. Ainsi, un retour au niveau de taxation antérieur sur cette même bouteille de whisky ferait baisser son prix en Belgique à 13,80 euros, soit un niveau proche du prix pratiqué en France (13,14 euros), tout en réduisant sensiblement l’écart avec le Luxembourg, selon Vinum et Spiritus.
Avantages fiscaux potentiels des baisses d’impôts
Une analyse indique que la réduction des taxes sur les vins mousseux et les spiritueux distillés pourrait entraîner une augmentation de 32 pour cent des achats nationaux. Une telle mesure pourrait générer 48,1 millions d’euros de recettes fiscales supplémentaires, ce qui se traduirait par un gain fiscal net de 22 millions d’euros. Par ailleurs, la fédération s’appuie sur une étude de Fevia et du Bureau fédéral du Plan, qui estime que des mesures destinées à réduire les achats transfrontaliers pourraient générer 256 millions d’euros de recettes supplémentaires pour l’État. Étant donné que l’accord de coalition actuel reconnaît que les achats transfrontaliers constituent un problème, Vinum et Spiritus appelle à des mesures concrètes visant à réduire les taxes là où les écarts de prix sont les plus marqués.
Lettre ouverte
Dans une lettre ouverte adressée au gouvernement belge, Vinum et Spiritus, Comeos, Fevia, Unizo et BABM demandent de profiter des négociations budgétaires pour réduire la pression fiscale sur certains produits, notamment les boissons alcoolisées, et ainsi rétablir la compétitivité des entreprises belges. Selon les organisations signataires, une telle mesure permettrait non seulement de ramener davantage d’achats en Belgique, mais aussi de soutenir les recettes fiscales et les finances publiques.
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