En raison du conflit au Moyen-Orient, on ne prévoit une offre excédentaire de GNL qu’en 2028


Principaux renseignements

  • Les conflits géopolitiques ont repoussé à 2028 l’excédent mondial de GNL prévu.
  • La capacité de production du Qatar et l’extension du gisement North Field détermineront les tendances futures de l’offre.
  • Les exportations américaines devraient stabiliser le marché mondial pendant la période d’excédent à venir.

Selon une récente étude prospective mondiale de BloombergNEF (BNEF), la hausse anticipée de l’excédent d’offre de gaz naturel liquéfié (GNL) a été repoussée d’un an ; elle devrait désormais se produire en 2028 plutôt qu’en 2027. Ce décalage est principalement attribué à d’importants contretemps dans la réalisation des projets et à l’impact des conflits au Moyen-Orient. L’excédent devrait atteindre son pic entre 2031 et 2032, à mesure que plusieurs projets de grande envergure entreront en service.

Problèmes persistants au Moyen-Orient

L’instabilité régionale a gravement perturbé la logistique énergétique, en particulier à la suite des attaques de missiles iraniens contre la principale installation d’exportation du Qatar. De plus, le détroit d’Ormuz — artère vitale pour environ 20 pour cent du GNL mondial — a vu ses expéditions pratiquement cesser.

Malgré une reprise temporaire suite à un accord de paix de courte durée entre Washington et Téhéran, la reprise des combats a une nouvelle fois bloqué cette voie navigable, créant une incertitude quant au rétablissement des exportations énergétiques normales.

Le rôle de la production qatarienne

L’évolution future de l’offre dépendra fortement de la capacité du Qatar à réparer les chaînes de production endommagées et du calendrier de l’extension du gisement North Field. Les analystes estiment que les décisions commerciales et la rapidité de la conclusion des contrats après le conflit seront tout aussi déterminantes que les obstacles techniques.

QatarEnergy pourrait tirer parti de ses avantages en termes de coûts pour augmenter sa production et remettre en cause la position sur le marché des exportations américaines à mesure que le marché au comptant finira par s’affaiblir.

Hausse prévue de 50 pour cent de la production au Moyen-Orient

Malgré ces perturbations immédiates, la production du Moyen-Orient devrait tout de même augmenter de 50 pour cent, pour atteindre 147 millions de tonnes d’ici 2030 et un pic de 153,8 millions de tonnes d’ici 2035. À court terme, les prix au comptant en Asie devraient rester élevés en raison de ces tensions géopolitiques et des éventuels échecs dans la réalisation des objectifs européens de stockage de gaz.

Toutefois, les prix devraient baisser pour s’établir à environ 8 dollars par million de BTU d’ici 2030. De telles flambées de prix prolongées pourraient empêcher les pays asiatiques en développement de s’approvisionner en combustible nécessaire à leur transition énergétique.

Exportations américaines

Dans le même temps, les États-Unis s’apprêtent à connaître une croissance substantielle, leurs exportations annuelles devant atteindre 146 millions de tonnes d’ici 2035. En raison de leur flexibilité opérationnelle, les livraisons américaines devraient constituer le principal facteur d’équilibre sur le marché mondial.

Si BNEF prévoit un excédent supérieur à 100 millions de tonnes d’ici 2031, l’organisme estime que cette surabondance ne sera pas permanente. La baisse des prix devrait à terme stimuler la demande des importateurs et entraîner une réduction de la production des usines de liquéfaction plus coûteuses, y compris celles situées aux États-Unis.

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(ns)

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