Principaux renseignements
- L’inflation en Inde a bondi à 4,38 pour cent en juin.
- Le conflit géopolitique dans le détroit d’Ormuz menace les importations énergétiques essentielles.
- Les conditions météorologiques irrégulières compromettent les rendements agricoles.
En juin, l’Inde a connu une forte hausse de l’inflation des prix à la consommation, qui a atteint 4,38 pour cent, contre 3,93 pour cent en mai.
Selon les données du ministère des Statistiques et de la Mise en œuvre des programmes, l’inflation des prix alimentaires s’élevait à 5,32 pour cent en glissement annuel. Les coûts de transport ont également augmenté à un rythme nettement plus rapide, avec une hausse de 4,3 pour cent, contre une augmentation modeste de 1,75 pour cent le mois précédent.
Prévisions de la banque centrale
La Banque centrale indienne (Reserve Bank of India) a récemment maintenu ses taux d’intérêt inchangés, mais a mis en garde contre un ralentissement économique potentiel et une hausse des prix jusqu’à la fin de l’exercice fiscal se terminant en mars 2027.
La banque centrale prévoit que l’inflation pourrait atteindre un pic de 5,1 pour cent, sous l’effet de la flambée des coûts des carburants et des déficits agricoles causés par El Niño. L’inflation sous-jacente devrait osciller autour de 4,7 pour cent au cours de cette période.
Pressions géopolitiques
L’instabilité géopolitique est l’un des principaux facteurs à l’origine de la hausse des coûts. La reprise du conflit entre les États-Unis et l’Iran a déstabilisé le détroit d’Ormuz, artère vitale pour l’énergie mondiale.
L’Inde important environ 85 pour cent de ses carburants – dont la moitié de son pétrole brut et la grande majorité de son GPL et de son GNL par cette voie – , le pays est particulièrement vulnérable à ces perturbations de la chaîne d’approvisionnement.
Agriculture
Parallèlement, des conditions météorologiques irrégulières menacent le secteur agricole. Malgré les récentes pluies abondantes et inondations, le Service météorologique indien prévoit que les précipitations de juillet seront inférieures de 6 pour cent aux moyennes historiques.
Selon l’agence de notation CRISIL, l’alternance entre sécheresses extrêmes et inondations soudaines peut s’avérer tout aussi préjudiciable aux rendements agricoles et aux revenus ruraux qu’une mousson systématiquement faible.
Alors que la banque centrale reste concentrée sur l’inflation sous-jacente, certains craignent que les hausses persistantes des prix des denrées alimentaires et de l’énergie ne finissent par se répercuter sur l’ensemble de l’économie. L’augmentation des frais d’exploitation et de logistique devrait, à terme, faire grimper l’inflation sous-jacente.
(at)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

