Principaux renseignements
- Le Royaume-Uni et l’Union européenne ont imposé des sanctions conjointes à des acteurs de la menace soutenus par l’État russe afin de démanteler leurs réseaux.
- Les responsables et entités visés s’exposent à des sanctions pour avoir saboté des infrastructures critiques et diffusé de la désinformation.
- Les mesures s’attaquent aux écosystèmes criminels qui alimentent la guerre hybride menée par la Russie à l’échelle mondiale.
Dans le cadre d’un effort coordonné visant à lutter contre l’agression numérique, le Royaume-Uni et l’Union européenne ont mis en œuvre leur premier ensemble de sanctions conjointes ciblant les réseaux cybernétiques russes. Cette initiative vise à démanteler les efforts soutenus par l’État visant à créer de l’instabilité et une fragmentation sociale à travers l’Europe.
En mettant en évidence le lien entre le Kremlin et divers intermédiaires criminels, les alliés entendent signifier que la Russie sera tenue pour responsable de ses opérations hybrides malveillantes.
Cibler les responsables du GRU et les actions de sabotage
La répression actuelle vise 24 entités et individus spécifiques, parmi lesquels des hauts responsables du GRU tels qu’Ivan Senin, Ivan Kasyanenko et Vyacheslav Stafeyev. Ces dirigeants ont été impliqués dans la gestion de menaces hybrides et la supervision de l’unité 29155 du GRU, qui a collaboré avec des entreprises telles qu’IMPULS pour recruter des spécialistes techniques issus d’établissements universitaires russes.
Par ailleurs, le Royaume-Uni et l’UE ont officiellement imputé au Centre 16 du FSB russe une tentative avortée de sabotage des infrastructures énergétiques polonaises, un acte qui aurait pu priver d’électricité un demi-million de personnes pendant l’hiver.
Lutte contre les logiciels malveillants et les campagnes de désinformation
Au-delà des attaques contre les infrastructures, les sanctions visent l’utilisation de logiciels malveillants spécialisés et les campagnes de désinformation. Le Royaume-Uni cible les responsables de « Lumma Stealer », un outil utilisé pour collecter des données sensibles à grande échelle. Ce logiciel a été utilisé à des fins d’espionnage mondial pour servir les intérêts russes. L’Agence nationale contre la criminalité (NCA) a ainsi recensé plus de 2 100 victimes au Royaume-Uni au cours du seul dernier semestre.
Par ailleurs, dix personnes liées à Rybar LLC – un organisme médiatique financé par l’État – ont été sanctionnées pour avoir manipulé les élections en Arménie et en Moldavie et diffusé une propagande mensongère concernant la guerre en Ukraine.
Guerre hybride
La ministre des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a souligné que les mesures frappent au cœur des écosystèmes criminels qui facilitent l’hostilité russe. Elle a affirmé que le Royaume-Uni et ses partenaires resteraient inébranlables dans leur soutien à l’Ukraine et continueraient à renforcer leurs défenses contre la guerre hybride menée par le Kremlin.
À ce jour, le gouvernement britannique a imposé des sanctions à plus de 3 400 cibles liées à l’appareil de guerre russe, s’engageant à continuer de contrecarrer ceux qui sapent les principes démocratiques par le mensonge et la cybercriminalité.
(at)
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