Le Canada choisit la société allemande TKMS pour construire pas moins de douze sous-marins


Principaux renseignements

  • Le Canada a choisi l’entreprise allemande TKMS pour construire une nouvelle flotte de 12 sous-marins.
  • Ce projet de 100 milliards de dollars (87,5 milliards d’euros) vise à remplacer la flotte vieillissante de classe Victoria afin de rétablir la capacité opérationnelle de la marine.
  • En choisissant un partenaire européen, le Canada renforce ses liens avec l’OTAN.

Dans le cadre d’un vaste effort de modernisation, le Canada a choisi la société allemande ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS) pour construire une nouvelle flotte de sous-marins. Cette initiative, qui vise à tripler la capacité navale actuelle pour la porter à 12 navires, représente la plus importante refonte des forces armées canadiennes depuis plusieurs décennies. Alors que le prix de départ est estimé à 24 milliards de dollars (21 milliards d’euros), la dépense totale sur la durée de vie du projet pourrait dépasser les 100 milliards de dollars (87,5 milliards d’euros).

TKMS devance Hanwha

Le Premier ministre Mark Carney a présenté cette acquisition comme une mesure décisive visant à remédier aux défaillances de longue date du pays en matière d’achats de défense et à renforcer les capacités industrielles nationales. Bien qu’une proposition germano-norvégienne ait été retenue plutôt que l’offre de la société sud-coréenne Hanwha Ocean, Carney a précisé que le gouvernement se réservait la possibilité de se tourner vers Hanwha si les négociations avec TKMS échouaient.

TKMS prévoit de livrer le premier lot de sous-marins d’ici 2034, conformément à un calendrier révisé par rapport à l’estimation initiale de 2036.

Remplacement de la classe Victoria

Cette modernisation est urgente car la flotte actuelle de la classe Victoria est gravement détériorée. Issus à l’origine de la classe britannique Upholder, ces quatre sous-marins ont été en proie à des pannes mécaniques, à des coûts d’entretien élevés et à des accidents opérationnels. Ces problèmes systémiques ont laissé le Canada avec un seul sous-marin capable d’être déployé à un moment donné.

Renforcer les alliances au sein de l’OTAN

Cette stratégie d’acquisition répond également à un objectif diplomatique. En optant pour un partenaire européen, Ottawa renforce ses liens au sein de l’OTAN à un moment où l’alliance subit la pression du président américain Donald Trump.

Lors d’un sommet sur la défense à Ankara, où Trump a critiqué les alliés pour leurs dépenses de défense insuffisantes et leur « parasitisme », le Canada s’est servi de cet accord pour démontrer son engagement en faveur de la sécurité collective et sa volonté d’investir dans sa propre défense.

Implications pour la région indo-pacifique

Malgré ce pivot stratégique vers l’Europe, cette décision a suscité des inquiétudes dans la région indo-pacifique quant à l’engagement du Canada dans cette zone. Le Premier ministre Carney a écarté ces inquiétudes, affirmant que le Canada restait attaché à sa stratégie indo-pacifique et continuerait à collaborer avec la Corée du Sud dans le cadre de divers autres partenariats économiques et de sécurité. Une fois finalisé, cet accord marquera le début d’une ère de transformation pour la Marine royale canadienne et, plus largement, pour la posture de défense du pays. (fc)

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