La Chine construit neuf porte-avions, mais cela ne suffira pas à elle seule pour faire face aux États-Unis


Principaux renseignements

  • La Chine prévoit de construire neuf porte-avions d’ici le milieu des années 2030.
  • La maîtrise technique de l’aviation et de la logistique prime sur la simple production industrielle.
  • Des décennies d’expérience opérationnelle des États-Unis créent un fossé que les navires seuls ne peuvent combler.

La Chine vise à disposer d’une flotte comptant jusqu’à neuf porte-avions d’ici le milieu des années 2030, marquant ainsi une ère sans précédent de croissance navale. Si la Chine possède la puissance industrielle et les chantiers navals automatisés nécessaires à la construction de ces navires gigantesques — surpassant de nombreux concurrents mondiaux en termes de capacité de production —, la construction physique des navires n’est que la partie la plus simple du processus. Le véritable obstacle réside dans la transformation de ces coques en acier en une force opérationnelle en haute mer capable de rivaliser avec les États-Unis.

Lancement d’avions depuis des porte-avions

L’un des principaux obstacles réside dans la formation d’un corps d’aviation qualifié. L’exploitation d’avions à partir d’un porte-avions est une discipline exigeante qui nécessite la maîtrise des décollages par catapulte et des atterrissages par arrêt, souvent dans des conditions météorologiques difficiles ou de nuit. Comme ces opérations ne laissent aucune marge d’erreur, les pilotes doivent suivre une formation approfondie et bénéficier de l’encadrement d’instructeurs chevronnés.

Si le Fujian représente un bond en avant grâce aux catapultes électromagnétiques, cette nouvelle technologie oblige la Marine de l’Armée populaire de libération (PLAN) à réécrire ses procédures de lancement et à former à nouveau ses escadrons aériens. De plus, un groupe aéronaval viable ne se contente pas de chasseurs. Il nécessite un écosystème abouti d’avions d’alerte précoce et de systèmes de gestion des combats pour coordonner l’espace aérien.

Opérations en haute mer

Au-delà du pont d’envol, la charge logistique d’une flotte de porte-avions est immense. Les porte-avions n’opèrent pas de manière isolée. Ils ont besoin d’un écran protecteur composé de frégates, de destroyers et de sous-marins pour se défendre contre les menaces aériennes et sous-marines.

À mesure que le nombre de porte-avions augmente, les besoins en navires d’escorte et en navires de ravitaillement spécialisés augmentent proportionnellement. Le maintien d’opérations loin des ports d’attache exige un réseau mondial complexe pour le ravitaillement en carburant, en munitions et la maintenance mécanique, que la Chine s’efforce encore de mettre en place.

Les États-Unis tirent parti de leur expérience

En fin de compte, le déficit le plus important réside dans le savoir-faire institutionnel. La Marine américaine a passé près d’un siècle à affiner les rôles des équipages de pont, des planificateurs logistiques et des commandants de frappe. Ce niveau d’expertise opérationnelle s’est accumulé au fil de décennies d’utilisation continue et ne peut être reproduit rapidement par la seule production industrielle.

Quand la Chine comblera-t-elle son retard ?

Alors que la stratégie de défense régionale de la Chine continue de s’appuyer sur des missiles terrestres et des sous-marins, une flotte de porte-avions plus importante apporte une profondeur stratégique et un prestige international. Cependant, posséder un grand nombre de navires n’équivaut pas automatiquement à la parité navale.

D’ici le milieu des années 2030, la Chine disposera peut-être des effectifs nécessaires, mais sa capacité à projeter sa puissance dépendra de sa capacité à combler le déficit d’expérience et à intégrer avec succès ses navires dans des groupes de frappe pleinement opérationnels. (fc)

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