Principaux renseignements
- Les régulateurs européens privilégient l’augmentation de la taille des banques plutôt que la réduction des réserves de capitaux.
- Les regroupements transfrontaliers donneront naissance à des « champions nationaux » capables de contester la domination américaine.
- La simplification de la réglementation vise à libérer tout le potentiel du marché unique.
Les autorités de l’Union européenne affirment que le principal défi pour les établissements de crédit régionaux réside dans un manque chronique de taille plutôt que dans des exigences de fonds propres excessives. Cette perspective constitue le fondement d’une prochaine refonte réglementaire destinée à renforcer la compétitivité, même si celle-ci devrait ignorer les demandes du secteur bancaire visant à réduire les réserves de fonds propres. C’est ce qu’écrit Bloomberg.
Combler le fossé avec les États-Unis
La Commission européenne devrait présenter sa stratégie le 17 juillet afin de remédier à la disparité entre la réglementation de l’UE et l’environnement plus clément des États-Unis, où des exigences de fonds propres moins élevées et moins d’obstacles aux fusions et acquisitions ont constitué un avantage concurrentiel.
Si des documents divulgués suggèrent que l’UE envisagera de réformer les plafonds de primes, d’améliorer l’accès au crédit pour les petites entreprises et d’affiner les réglementations transfrontalières, le projet indique que les niveaux de fonds propres resteront globalement inchangés. Aucune mise à jour législative officielle n’est prévue avant le début de l’année prochaine.
Les banques ne tirent pas encore pleinement parti des avantages du marché intérieur
Selon un document de travail interne, la Commission estime que les banques européennes ne parviennent pas à tirer pleinement parti des avantages du marché unique, ce qui les empêche d’atteindre la taille nécessaire pour réduire leurs coûts.
Les responsables ont noté que les grands établissements bénéficient généralement d’une meilleure diversification, de capacités d’investissement technologique supérieures et d’une plus grande efficacité opérationnelle, ce qui leur permet d’offrir des prêts avec des marges plus serrées.
Favoriser l’émergence de « champions nationaux »
Afin de favoriser la création de « champions nationaux » capables de rivaliser à l’échelle mondiale, l’UE plaide en faveur d’un renforcement des regroupements transfrontaliers. Cela revêt une importance particulière dans les secteurs de la banque d’investissement et de la banque commerciale, où les entreprises américaines maintiennent une présence dominante dans la région EMEA, éclipsant souvent des acteurs européens majeurs tels que le Crédit Agricole, BNP Paribas et la Deutsche Bank.
L’UE affirme qu’un véritable marché unique bancaire est le seul moyen d’atteindre une réelle compétitivité, estimant que la simple réduction de la bureaucratie ou des règles en matière de fonds propres est insuffisante.
Débat sur les exigences de fonds propres
Alors que le secteur bancaire soutient que des exigences de fonds propres strictes ont historiquement pesé sur la valorisation des banques européennes par rapport à leurs homologues américaines, l’UE attribue cet écart principalement à une rentabilité plus faible. Les représentants de la Commission ont également rejeté l’argument selon lequel des réserves de fonds propres élevées freinent l’octroi de crédits à l’économie, suggérant au contraire que les banques allouent souvent le crédit de manière inefficace en période d’instabilité financière.
En outre, l’UE a souligné que les tentatives antérieures visant à abaisser les exigences de fonds propres pour certains types de prêts n’avaient pas réussi à déclencher une croissance significative du crédit, ce qui remet en cause l’argument selon lequel la déréglementation conduit à une augmentation des prêts.
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(ns)

