Principaux renseignements
- La Chine a lancé un missile à longue portée dans le Pacifique, suscitant la condamnation de l’Australie.
- Canberra conteste les affirmations de Pékin concernant le moment choisi et la transparence de la notification.
- Les navires de surveillance stratégique suggèrent que cet essai constituait une réponse calculée au nouveau pacte de défense entre l’Australie et les Fidji.
Le gouvernement australien a exprimé sa vive désapprobation suite au tir par la Chine d’un missile à longue portée dans l’océan Pacifique, qualifiant cette action de menace pour la stabilité régionale.
Selon l’agence de presse officielle Xinhua, la Marine de l’Armée populaire de libération a déployé un sous-marin nucléaire stratégique pour tirer un missile équipé d’une ogive non fonctionnelle, qui a atteint avec succès une zone ciblée dans les eaux internationales. Pékin a présenté cet événement comme un élément habituel de ses exercices militaires annuels et a affirmé que les pays concernés avaient été prévenus au préalable.
L’Australie conteste la notification
Cependant, les responsables australiens ont contesté le moment choisi et la nature de cette communication. Le Premier ministre par intérim, Richard Marles, a déclaré que son gouvernement n’avait été informé de ce projet que le jour même du tir. Marles a exprimé sa profonde inquiétude face à toute activité militaire susceptible de compromettre la paix et la sécurité dans le Pacifique.
De même, la ministre australien des Affaires étrangères Penny Wong, s’exprimant depuis les Fidji, a affirmé que l’Australie avait explicitement fait savoir à la Chine que de tels essais étaient déstabilisants. Elle a établi un lien entre cet événement et l’expansion militaire plus large et opaque de la Chine, soulignant que cette agression allait à l’encontre de l’objectif du Forum des îles du Pacifique de maintenir la région comme un « océan de paix ».
Accord entre l’Australie et les Fidji
Le moment choisi pour cet exercice est particulièrement controversé, car il a eu lieu peu après que l’Australie et les Fidji eurent officialisé un important pacte de défense mutuelle. Bien que la ministre Wong n’ait pas confirmé si le missile était à capacité nucléaire, elle a reconnu que le gouvernement avait été informé que l’essai en mer aurait lieu dans un délai de 24 heures.
Soigneusement planifié
Des éléments probants fournis par Starboard Maritime Intelligence indiquent que l’opération a été organisée avec minutie. Les données de suivi ont révélé la présence de trois navires chinois de surveillance par satellite déployés à travers le Pacifique, notamment près des États fédérés de Micronésie et à Suva, aux Fidji.
L’analyste Mark Douglas a expliqué au Guardian que ces navires sont conçus pour recueillir des données sur les trajectoires des missiles. Douglas a fait remarquer que, bien que les mouvements de ces navires suggèrent une planification à long terme, la décision d’effectuer l’essai immédiatement après la conclusion de l’alliance entre l’Australie et les Fidji constitue un développement notable. (fc)
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