Les actifs refuges traditionnels ne parviennent pas à protéger les investisseurs en 2026


Principaux renseignements

  • Les valeurs refuges traditionnelles n’offrent plus une protection fiable en période de turbulences.
  • La croissance tirée par l’IA et la révision à la hausse des prévisions de bénéfices entretiennent un fort appétit pour le risque.
  • L’inflation et les niveaux d’endettement insoutenables sapent la stabilité des obligations et des devises.

Les valeurs refuges traditionnelles ne suivent plus les tendances historiques. Alors que les investisseurs se tournent généralement vers l’or, le yen japonais et les bons du Trésor américain en période de turbulences, ces instruments n’ont pas réussi à offrir la protection attendue en 2026. C’est ce qu’indique CNBC dans une analyse. Plus précisément, l’or a chuté par rapport à ses plus hauts niveaux du début de l’année, le yen s’est effondré à des plus bas historiques face au dollar, et les rendements des bons du Trésor ont augmenté suite au déclenchement de la guerre en Iran.

Appétit pour le risque

Les analystes de marché suggèrent que les conditions actuelles diffèrent des scénarios classiques d’aversion au risque. L’appétit pour le risque reste fort, comme en témoigne la poursuite par les investisseurs de rendements élevés sur les actions axées sur l’IA.

Des entreprises telles que Nvidia et Intel aux États-Unis, ainsi que TSMC et Samsung en Asie, ont propulsé les marchés vers des sommets records. Selon Henning Potstada de DWS, le principal catalyseur de cette croissance boursière est la révision à la hausse des prévisions de bénéfice par action (BPA).

Pressions de la dette sur les obligations

L’incapacité des obligations à jouer leur rôle de valeur refuge s’explique par les inquiétudes liées à la dette et à l’inflation. La fermeture du détroit d’Ormuz en raison du conflit a fait grimper les cours du pétrole de 60 à 120 dollars, suscitant des craintes inflationnistes qui ont réduit l’attrait des rendements à taux fixe.

De plus, le déficit fédéral américain — estimé par le Congressional Budget Office à environ 1 900 milliards de dollars, soit 1,6 billion d’euros (5,8 pour cent du PIB) pour l’exercice 2026 — a suscité des inquiétudes quant à la viabilité de la dette à long terme.

La volatilité de l’or

L’instabilité récente de l’or est également un sujet de controverse. Billy Leung, de Global X ETFs, note que la domination du dollar américain et la hausse des rendements réels ont pris le pas sur le rôle de l’or en tant que couverture. Potstada suggère que la volatilité de ce métal pourrait être alimentée par l’« argent facile » des investisseurs particuliers qui sont entrés sur le marché lors des précédentes hausses, bien qu’il soutienne que l’or reste un actif structurellement solide.

Le déclin du yen

Le yen japonais s’est révélé particulièrement peu fiable. Bien que la Banque du Japon ait relevé ses taux à des niveaux jamais atteints depuis 30 ans et procédé à une intervention de 74 milliards de dollars (65 milliards d’euros), la devise s’est affaiblie pour s’établir à environ 162 yen pour un dollar. Ce déclin est lié à un ratio dette/PIB colossal de 204,4 pour cent et à un écart croissant entre les taux d’intérêt japonais et ceux des autres pays.

En fin de compte, ces évolutions indiquent que les valeurs refuges traditionnelles sont désormais davantage influencées par leurs propres fondamentaux macroéconomiques spécifiques que par la panique générale des marchés. Par conséquent, les anciennes stratégies visant à surmonter les crises financières deviennent obsolètes, ce qui suggère que les investisseurs doivent diversifier davantage leurs portefeuilles pour atteindre une véritable résilience.

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(ns)

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