L’opposition espagnole s’en prend au plan du Premier ministre Sánchez en matière d’immigration


Principaux renseignements

  • L’Espagne a accordé des titres de séjour à plus de 600 000 immigrés sans papiers.
  • Les partis d’opposition affirment que ce programme vise stratégiquement à influencer les prochaines élections.
  • Les ressortissants d’Amérique latine et d’Amérique centrale constituent la majorité des demandeurs de régularisation.

La récente initiative du gouvernement espagnol visant à régulariser les sans-papiers a suscité une vive réaction politique de la part des partis d’opposition. Selon les données publiées par le ministère de l’Immigration, près de 1,2 million de personnes ont déposé une demande de régularisation, un chiffre largement supérieur à l’estimation initiale du gouvernement, qui était de 500 000. À ce jour, plus de 600 000 demandeurs ont obtenu des permis de travail et de séjour temporaires, tandis qu’environ 11 000 ont déjà obtenu un statut légal à part entière.

Critiques concernant l’impact électoral potentiel

Alberto Núñez Feijóo, chef du Parti populaire (PP), de centre-droit, a critiqué le Premier ministre Pedro Sánchez. Il a laissé entendre que cette mesure constituait une manœuvre stratégique visant à renforcer le soutien électoral dont bénéficie le gouvernement. Feijóo a affirmé que l’afflux combiné de millions d’immigrés et l’application de la « loi sur les petits-enfants » exerceraient une pression insoutenable sur les systèmes sociaux, culturels et de protection sociale du pays. Cette loi accorde la nationalité aux descendants de personnes ayant fui l’Espagne pendant l’ère franquiste.

Réaction du gouvernement

Le gouvernement a rejeté ces allégations, les qualifiant d’irresponsables, et a précisé que les titres de séjour ne conféraient pas le droit de vote aux élections nationales ou régionales, privilège strictement réservé aux citoyens.

Suite à l’indignation suscitée par ses déclarations contradictoires, Feijóo a par la suite clarifié sa position. Il a reconnu que les descendants dont l’origine espagnole est avérée devraient pouvoir prétendre à la nationalité espagnole. Il a toutefois maintenu que le gouvernement manquait de transparence dans la mise en œuvre de cette mesure.

Accusations de l’extrême droite

Dans le même temps, le parti d’extrême droite Vox a intensifié ses attaques contre la politique migratoire actuelle, son porte-parole José María Figaredo qualifiant les mesures du gouvernement de « fraude électorale silencieuse ». Vox a exigé une révision de la législation et la suppression du vote par correspondance pour les citoyens résidant à l’étranger, arguant qu’un tel système est propice à la fraude et pourrait conduire à un coup d’État politique.

Composition démographique

La ministre de l’Immigration, Elma Saiz, a déclaré que ce programme offrait sécurité et espoir à des milliers de personnes qui vivaient auparavant dans la peur. Elle a souligné qu’une large majorité des demandeurs – 67 pour cent – provenait d’Amérique latine et d’Amérique centrale, la Colombie arrivant en tête, suivie du Maroc, du Venezuela et du Pérou. Les critères d’éligibilité prévus par le décret exigeaient que les demandeurs aient résidé en Espagne pendant au moins cinq mois et qu’ils aient un casier judiciaire vierge. (lv)

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