« La menace russe persistera après Poutine », selon les services de renseignement suédois


Principaux renseignements

  • La Russie représente une menace stratégique structurelle qui perdurera même après Vladimir Poutine. C’est ce qu’affirme Thomas Nilsson, directeur des services de renseignement militaires suédois.
  • Une répression politique systématique garantit le maintien du pouvoir du Kremlin.
  • Moscou développe ses infrastructures militaires le long de la frontière orientale de l’OTAN.

Selon Nilsson le danger que représente le gouvernement russe devrait persister bien après le départ de Vladimir Poutine du pouvoir. S’exprimant depuis un navire militaire au large de Gotland, Nilsson a qualifié la situation actuelle non pas de conflit passager, mais d’affrontement stratégique profond et structurel qui ne peut être facilement résolu. C’est ce qu’indique Bloomberg.

Perspectives stratégiques de la Suède

La Suède, qui a récemment rejoint l’OTAN, reste pessimiste quant à l’avenir de ses relations avec Moscou. Le pays a plaidé en faveur de sanctions plus strictes visant à paralyser les profits énergétiques de la Russie et a appelé à une aide accrue en faveur de l’Ukraine.

Bien que Nilsson ait noté que l’économie russe vacille — les autorités auraient falsifié des données pour dissimuler l’inflation et l’impact d’un conflit prolongé — et que les avancées militaires en Ukraine soient au point mort, il estime que l’emprise du Kremlin sur le pouvoir reste solide.

Contrôle politique interne

Le chef des services de renseignement a attribué cette stabilité à l’élimination systématique des rivaux politiques par l’emprisonnement, l’exil ou l’assassinat, ne laissant aucun dirigeant viable capable de mener un soulèvement populaire. De plus, les sondages indiquent qu’une partie de la population russe soutient toujours la volonté de la nation d’être une puissance mondiale dominante, même si tous n’approuvent pas nécessairement le conflit spécifique en Ukraine.

Développement des infrastructures militaires

Les ambitions militaires à long terme de la Russie suscitent également des inquiétudes. Les données satellitaires suggèrent que Moscou étend ses infrastructures le long de la frontière orientale de l’OTAN. Bien que le Kremlin affirme que ces mesures sont défensives, Nilsson estime que la Russie a l’intention de mettre en place une présence militaire plus importante s’étendant du nord de la Finlande vers le sud.

Bien que ces efforts soient actuellement secondaires par rapport à la guerre en Ukraine, la Suède prévoit que Moscou mettra ces plans à exécution dès qu’elle aura retrouvé sa capacité opérationnelle.

Le mandat de Poutine et sa réponse à l’OTAN

Le président Poutine, au pouvoir depuis plus de deux décennies et demie, pourrait rester en fonction jusqu’à l’âge de 83 ans, son mandat actuel s’étendant jusqu’en 2030. Il n’a désigné aucun successeur ni fait part de ses projets d’avenir.

Poutine a ouvertement condamné la décision de la Suède et de la Finlande d’adhérer à l’OTAN, affirmant que leur renoncement à la neutralité justifie le déploiement de forces militaires russes dans cette région.

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(ns)

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