Principaux renseignements
- L’essor du tourisme aérien fait grimper les prix de l’immobilier et des loyers dans toute l’Europe du Sud.
- Les défaillances systémiques et les locations saisonnières aggravent encore la crise du logement.
- L’afflux massif de touristes entraîne une baisse de la productivité des travailleurs et de graves dommages environnementaux.
Une étude menée par la New Economics Foundation pour le compte de la Fédération européenne pour les transports et l’environnement suggère un lien entre l’essor du tourisme aérien et la flambée des coûts immobiliers à travers l’Europe. Si cette tendance est observable dans sept pays différents, ses effets sont particulièrement marqués en Espagne, en Italie, en Grèce et au Portugal. À l’inverse, des pays comme la Pologne, l’Allemagne et le Danemark, qui ont enregistré une baisse du nombre d’arrivées par avion, ont connu une légère baisse des valeurs immobilières.
Impact sur le marché immobilier espagnol
Sur le marché espagnol, une croissance de 12,8 pour cent du nombre de voyageurs aériens sur sept ans aurait entraîné une hausse d’environ 3 800 euros du prix moyen d’achat d’un logement et une augmentation des loyers mensuels d’environ 236 euros. Les projections suggèrent que les loyers pourraient encore augmenter de 217 euros d’ici 2031 en raison de cette influence.
Cependant, ces effets ne sont pas uniformes ; l’impact varie en fonction de la demande locale, ce qui signifie que les hausses de prix dans un grand pôle touristique comme Valence diffèrent considérablement de celles observées dans des régions moins touristiques comme Lugo.
Les facteurs complexes de la crise du logement
Malgré l’influence du tourisme, la crise du logement n’est pas uniquement due au transport aérien. Les données de la Banque d’Espagne indiquent que le recours généralisé aux résidences secondaires et aux locations saisonnières — totalisant environ 400 000 logements — contribue au problème.
Des problèmes plus systémiques jouent également un rôle, notamment un aménagement urbain inefficace, une pénurie de main-d’œuvre dans le secteur du bâtiment, des réglementations gouvernementales complexes et un manque général de logements disponibles dans les centres urbains à forte pression.
Disparités économiques
Le rapport met également en évidence un déséquilibre préoccupant dans le paysage économique et environnemental de l’Espagne. Malgré des investissements massifs de 12,9 milliards d’euros dans les aéroports d’El Prat et de Barajas, le secteur de l’hôtellerie-restauration affiche une faible productivité. En 2023, ce secteur représentait 10 pour cent du total des heures travaillées, mais ne contribuait qu’à hauteur de 5 pour cent à la valeur ajoutée brute nationale.
De plus, les salaires réels des travailleurs du secteur de l’hôtellerie-restauration ont stagné ou baissé depuis 2008, alors même que le nombre de touristes a explosé.
Surtourisme
Sur le plan environnemental, le coût de cette croissance est élevé. En 2025, les émissions liées au transport aérien en Espagne et en Italie auront dépassé leurs niveaux de 2019 de 14 pour cent et 10 pour cent, respectivement. Ce phénomène s’accompagne d’une densité de visiteurs écrasante dans certaines régions ; par exemple, les îles Baléares accueillent 9,2 touristes pour chaque habitant, ce qui dépasse de loin la moyenne européenne de 0,9.
De plus, le projet d’extension de l’aéroport de Barcelone reste un sujet de controverse en raison des dommages écologiques potentiels pour les zones humides de La Ricarda.
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(ns)

