Principaux renseignements
- La Russie a augmenté de 50 pour cent son budget consacré à la guerre psychologique afin de cibler les pays de l’OTAN et de l’UE.
- Les attaques systématiques contre les journalistes recourent désormais à des drones FPV pour contourner les protections internationales.
- Les agents du Kremlin ont recours au vol d’identité de marque et à des documentaires frauduleux pour effacer les récits authentiques de la guerre.
Le gouvernement russe a considérablement renforcé son engagement financier en faveur de la guerre psychologique, consacrant 185 milliards de roubles (2 milliards d’euros) à des opérations d’influence visant les États membres de l’OTAN et de l’UE. Ces dépenses représentent une hausse de 50 pour cent par rapport à l’année précédente. Selon des rapports de Detector Media, ces fonds s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à démanteler le journalisme ukrainien par une combinaison de manipulation de l’information et de répression violente.
Stratégies de propagande
Lors de la Conférence sur la reconstruction de l’Ukraine à Gdańsk, en Pologne, la députée Yevheniia Kravchuk a souligné que les efforts de propagande du Kremlin sont conçus pour perdurer bien après la fin de la phase de combat active de l’invasion. Elle a averti que, alors que l’Ukraine poursuit son intégration européenne et cherche à attirer des investissements étrangers, Moscou déploiera probablement des discours trompeurs visant à persuader les populations occidentales de renouer des relations diplomatiques et économiques avec la Russie.
Ciblage systématique des journalistes
Les violences contre la presse sont considérées comme une politique délibérée plutôt que comme des pertes accidentelles de guerre. Une commission spéciale de la Verkhovna Rada a examiné près de 1 000 atrocités documentées commises contre des professionnels des médias. Mme Kravchuk a noté que les badges de presse, qui devraient assurer une protection, ont au contraire fait des journalistes des cibles. Des drones FPV étant fréquemment utilisés pour ces assassinats.
À ce jour, au moins 19 reporters, 15 Ukrainiens et quatre Français, ont été tués. Ce ciblage systématique soulève des questions urgentes quant à l’efficacité du droit international lorsqu’un État ignore ouvertement les protections mondiales dont bénéficient les journalistes.
Tactiques de tromperie
Outre la violence physique, la Russie recourt à des tactiques de désinformation sophistiquées dans les territoires occupés. Cela inclut notamment le « vol d’identité », qui consiste pour les autorités russes à imiter l’apparence et les noms de médias d’information locaux légitimes afin de diffuser de la désinformation soutenue par l’État. Par ailleurs, le Kremlin finance la production de documentaires frauduleux sur le siège de Marioupol afin de discréditer les reportages authentiques et primés consacrés à cette tragédie. Les véritables journalistes se retrouvent ainsi contraints de lutter contre des mensonges délibérément créés.
Lors du sommet de Gdańsk, les dirigeants européens ont souligné que toute paix future devait reposer sur la Charte des Nations unies et la souveraineté territoriale de l’Ukraine. Pourtant, certaines relations commerciales occidentales perdurent. Ainsi, Netflix a récemment étendu sa collaboration avec les créateurs de la série russe « Masha et l’Ours », en acquérant les droits pour deux saisons supplémentaires et en distribuant la série sur plus de 100 marchés à travers le monde, dont l’Amérique du Nord. (ev)(fc)Lors du sommet de Gdańsk, les dirigeants européens ont souligné que toute paix future devait reposer sur la Charte des Nations unies et la souveraineté territoriale de l’Ukraine. Pourtant, certaines relations commerciales occidentales perdurent. Ainsi, Netflix a récemment étendu sa collaboration avec les créateurs de la série russe « Masha et l’Ours », en acquérant les droits pour deux saisons supplémentaires et en distribuant la série sur plus de 100 marchés à travers le monde, dont l’Amérique du Nord. (ev)
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