Principaux renseignements
- Le gouvernement japonais souhaite maintenir les coûts de financement à un niveau bas afin de stimuler la demande du secteur privé.
- Cela crée une tension directe avec les hausses des taux d’intérêt de la Banque du Japon.
- Pour que les investissements stratégiques à grande échelle dans l’IA et les semi-conducteurs soient couronnés de succès, il est indispensable de disposer de crédits à faible coût.
Une version préliminaire divulguée de la stratégie à long terme du gouvernement japonais, dont Reuters a pu consulter une partie, fait état de l’ambition de mener une politique monétaire visant à stimuler la demande du secteur privé.
En plaidant en faveur de faibles coûts de financement, le gouvernement Takaichi laisse entrevoir un risque de conflit avec la Banque du Japon (BOJ) au sujet de la politique des taux d’intérêt. Le document invite la banque centrale à aligner sa politique sur la stratégie de relance économique de la Première ministre. Il fait explicitement référence à des dispositions légales qui imposent une coordination étroite entre le gouvernement et la BOJ en matière de politique économique.
Pressions en faveur d’un assouplissement monétaire
Ce glissement vers des termes plus directs illustre les inquiétudes du gouvernement face à d’éventuelles hausses des taux d’intérêt, alors que la Banque du Japon s’éloigne du cadre de politique monétaire accommodant qu’elle appliquait depuis des années.
Le plan souligne la nécessité d’interventions « souples et adéquates » pour prévenir une résurgence de la déflation tout en favorisant la croissance à long terme. Contrairement aux gouvernements précédents, qui se sont exprimés en termes vagues sur la stabilité des prix, le projet actuel exige spécifiquement un soutien à la demande privée. Cela rappelle l’approche de l’Abenomics, qui combinait des dépenses publiques massives et un assouplissement monétaire agressif.
Indépendance BOJ
Malgré l’indépendance juridique de la Banque du Japon, le document souligne la nécessité d’une coopération étroite pour maintenir un objectif d’inflation durable de 2 pour cent et encourager un cercle vertueux de croissance des salaires et de hausse des prix.
Plan d’investissement
Le climat politique complique le processus décisionnel de la Banque du Japon, d’autant plus qu’une réunion est prévue fin juillet. La Première ministre Takaichi a proposé un plan d’investissement ambitieux dépassant les 370 000 milliards de yens (environ 2 000 milliards d’euros) dans divers secteurs stratégiques, tels que les semi-conducteurs et l’intelligence artificielle, jusqu’en 2040. De telles dépenses budgétaires massives sont particulièrement efficaces lorsque les taux d’intérêt restent bas.
Cependant, la Banque du Japon est confrontée à une pression contraire due à une inflation persistante, alimentée en partie par les chocs énergétiques, ce qui l’a conduite à relever ses taux à 1 pour cent, leur plus haut niveau depuis 31 ans. Bien que le gouvernement ait évité les confrontations publiques au sujet des hausses de taux en début d’année, le projet de plan d’action révèle une résistance sous-jacente à un resserrement prématuré qui pourrait compromettre la reprise économique.
(at)
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